I.A JKTNK ilLi.K. voifaiit s'aiipmclier int jeune Ininnne
Oui vient là? 0 ciel ! serait-ce KodewyK? Oui, oui ; c'est inoii ami d'iMifaiinv Oli jnic ' I.odrwyk, bon Lndewyk !
I.K iiKMoN, sifia 1(1 Inrmr de LodeuifU, ta (iqurc allrislee.
Rosa,as-lu songé p.-irfoisâ Ion inalheiireuv ;mii?
I A JKINK m. I.K.
Oh! Ions les jours! Je n'ai jamais oublié les plaisirs de mou enfance ni celui qui les a si (idèleinent partagés avec moi. Mais loi, Lodewyk, dans les pays lointains, n'as-lu pas perdu le souvenir de ta petite compagne?
ANGE ET DEMON
LE DKMON. ]
Ta question, Rosa, me perce le cn'iir comme une épée.
LA JEUNE FILLE
Pourquoi donc ?
LE DÉMON
Tn ne me comprendras donc jamais ! Oh ! Uosa, je suis parti d'ici le cœur brisé de désespoir; j'ai erré comme un insensé et souffert comme un martyr. Perdu dans des contrées inconnues, j'ai raconté ma douleur aux sauvages forêts ; j'ai redit ton nom aux champs ; j'ai appris ta beauté aux oiseaux de Pair; je me suis plaint de ta cruauté aux durs rochers; j'ai arrosé de larmes ma douloureuse route, ton image m'a poursuivi partout ; je ne me souvenais de rien, sinon de tes yeux enchanteurs et de ta barbare insensibilité. Je pensais à toi le matin et le soir, le jour et la nuit... Et tu oses me demander si j'ai oublié ma compagne ! 0 jeune fille angélique, prends pitié de moi ou je meurs! (H saisit les mains de Rosa et les presse d'îiiie élreinte passionnée.)
LA JEUNE FILLE, cffrayéc.
Laisse-moi ! laisse-moi ! tes mains brûlent eonime le feu; les regards percent mon cœur... Oh ! ne m'ôte pas la paix de l'àme !
LE DÉAION.
Toujours aussi froide! Si la même flatnme brûlait dans ton sein, tu ne sentirais pas mes mains ardentes... Vois, cruelle, la douleur m'ôte la vie, mes yeux s'éteignent... Tu tues ton fidèle ami, et lu assistes insensible à sa mort... 0 pitié! pitié! (// se jette à genoux devant elle.)
LA JEUNE FILLE, nvec coiiipassiou. .
Pauvre Lodewyk ! si je pouvais alléger tes souffrances, je le ferais bien volontiers !
LE DÉMON
Tu le peux, ma bien-aimée ! Dis que tn m'appartiens, que tu n'aimes personne au-dessus de moi.
LA JEUNE FILLE
Lodewyk, j'ai une mère, et je l'aime aussi.
LE DÉMON
Soit! aime ta mère !
LA JEUNE FILLE
J'ai un frère.
LE DEMON
Aime aussi ton frère ; mais dis que lu veux être à moi, ([uc tu n'aiin(!S j)ersonne au-dessus de moi.
LA JEUNE FILLE
Et si je le dis, Lodewyk?
LE DÉMON
Oli! alors, chère Rosa, je ne mourrai pas el je vivrai éternellement pour ton amour.
l'ange.
Rosa, Rosa, aimerais-tu un homme plus que ton Dieu?
LA JEUNE FILLE
Oh! j'aime mon Dieu. Mais il meurt, mon pauvre ami; ne faut-il pas que je vienne à son secours ?
LE DÉMON
Rosa, Rosa, hâte-toi do prononcer la parole de salut; déjà je sens la mort gagner mon cœur.
LA JEUNE FILLE
Je dirais cette parole si je ne craignais d'irriter le Seigneur.
LE DÉMON
Ah! tu ne m'aimes pas, cruelle Rosa! tu te réjouis de ma mort. Un petit péché peut-il t'arrèter? Ne peux-tu obtenir ton pardon par le repentir? Vois, mon cœur commence à saigner de douleur; vois, mon front se penche vers la terre... Vite, vite, ton mot sauveur!
l'ange.
Rosa! Rjsa! ne parle pas, malheureuse (ille !
LA JEUNE FILLE
Mon pauvre ami mourra-l-il donc sans secours? l'ange, d'ioie voix rapide.
Rosa, décide de ton sort; devant toi voilà un homme qui souffre et dit mourir d'amour. Dans le ciel trône un homme-Dieu qui t'a donné son amour, qui a versé son sang à flots pour ton salut sur le Golgotha...
le démon.
— Oh ! pilié, pitié, pour moi !
LA JEUNE FILLE
Je m'égare! Que faire? pauvre Lodewyk ! l'ange, avec désexpnir.
Rosa, ton heure va sonner; ô ma bien-aimée, vois couler mes larmes!... Voici la mort, la
ANGE ET DÉMON
voici... Vilo, prononce la condamnation ou accomplis ton salut. — Apparliens-tu à ce jeune homme et au inondi' terrestre, ou à ton Dieu, h ton sauveur, à ct'lui (jiii a doiint' sa vie pour ton Ame'? A qui, à ([ui appartiendras-tu, à Jésus crucifié ou à ce voluptueux séduiteur ? i*arlo !
LK DÉMON
Oui, Hosa, parle !