‹ [Œuvres complètes de Henri ConscienceChapitre 195 sur 225 · DE 1,1 CI A · texte numérisé non relu

DE 1,1 CI A

Eh bien ! que peux-tu espérer encore ?

IDEA

Sa conscience se réveille; oui, ses yeux s'ouvrent.

LE CHŒUR, avec angoisse.

Qui est-ce qui a soudain touché son âme et dirigé ses idées vers le ciel ? Alerte ! il rêve et secoue ses liens d'esclave. Alerte! il menace de s'échapper de nos mains.

DELICIA

Malheur ! notre triomphe est compromis.

MUNDUS

Cette faible lueur est déjà étouffée. {Élevant la

voix, au Chœur.) k moi, mes enfants! Qu'on

l'entoure d'un nuage de volupté si épais qu'aucun

rayon d'en haut ne puisse pénétrer jusqu'à lui.

Le Chœur entoure le Poète en criant :

Vive la vie !

LE POÈTE, se rasseyant et tendant sa coupe avec un nouvel abandon.

Remplissez ce cristal d'ambroisie. Tout n'est qu'une vaine fumée, hormis le vin !

IDEA, au Poète.

Grâce ! grâce ! ne reste pas insensible à mes ardentes prières. Ne tue pas ton génie, ta pureté, la vive lumière de ta raison. Souviens-toi du bonheur que tu éprouvais à rêver à côté de moi et à laisser ton âme planer sur les ailes de la fantaisie, idées qui brillent comme des étoiles dans l'azur sans fond du firmament du poète. Brise ta chaîne; que ton esprit soit libre. Grâce pour toi et grâce pour moi !

LE POÈTE, tout à fait hors de lui.

Qui ose encore parler de Dieu et du ciel? Qui rêve follement de sphères plus hautes? Mon ciel est ici; je ne veux pas d'autre sort. Mon dieu pétille dans ma coupe.

IDEA, poussant im cri de détresse.

Ah ! je succombe !

Elle tombe et disparait.

Page 1