DE 1,1 CI A
Eh bien ! que peux-tu espérer encore ?
IDEA
Sa conscience se réveille; oui, ses yeux s'ouvrent.
LE CHŒUR, avec angoisse.
Qui est-ce qui a soudain touché son âme et dirigé ses idées vers le ciel ? Alerte ! il rêve et secoue ses liens d'esclave. Alerte! il menace de s'échapper de nos mains.
DELICIA
Malheur ! notre triomphe est compromis.
MUNDUS
Cette faible lueur est déjà étouffée. {Élevant la
voix, au Chœur.) k moi, mes enfants! Qu'on
l'entoure d'un nuage de volupté si épais qu'aucun
rayon d'en haut ne puisse pénétrer jusqu'à lui.
Le Chœur entoure le Poète en criant :
Vive la vie !
LE POÈTE, se rasseyant et tendant sa coupe avec un nouvel abandon.
Remplissez ce cristal d'ambroisie. Tout n'est qu'une vaine fumée, hormis le vin !
IDEA, au Poète.
Grâce ! grâce ! ne reste pas insensible à mes ardentes prières. Ne tue pas ton génie, ta pureté, la vive lumière de ta raison. Souviens-toi du bonheur que tu éprouvais à rêver à côté de moi et à laisser ton âme planer sur les ailes de la fantaisie, idées qui brillent comme des étoiles dans l'azur sans fond du firmament du poète. Brise ta chaîne; que ton esprit soit libre. Grâce pour toi et grâce pour moi !
LE POÈTE, tout à fait hors de lui.
Qui ose encore parler de Dieu et du ciel? Qui rêve follement de sphères plus hautes? Mon ciel est ici; je ne veux pas d'autre sort. Mon dieu pétille dans ma coupe.
IDEA, poussant im cri de détresse.
Ah ! je succombe !
Elle tombe et disparait.