‹ [Œuvres complètes de Henri ConscienceChapitre 97 sur 225 · KilIlR · texte numérisé non relu

KilIlR

François m';! pri> ma [diime, m'sien le m;iîlre.

Kll AM^OIS.

Ce n'est pas vrai, m'sien le m;iilre, il l'a perdue en faisant jienni'kcpik.

I K MA I TU I , en I uli re.

Ici, à geiionx ! iJonnez-moi deux ardoises... Faites encore pennrkcpiky maintenant, tourment de vos parents ! ( Le nniitre place l'inrcà gcnnur nu milieu de l'école, cl lui fuit tenir en Idir, dmiK chaque main, une ardoixe à i^rrire. Pierre pleure et sanfflnte, mais rein ne rempf'rhe pas de tirer ta langue et de faire toute sorte de qrimaces. f.e maitre dtctant.) " Contre l'armée de son père;... mai< le Dieu tout-puissant,... le IHeu

toul-puissant... punit la mécbam-elé... la méchanceté (le... » Victor, ipie l'ailes-voiis là? je ne vou«; vois pas écrire.

VH.TO n.

Vous di( tez trop vile, msieii le maître. Je ne peux pas vous suivre.

IF. M A I T R K , arec dénrspoir.

Vraimenl, c'est épouvantable! Je dicte trois inoîs en une demi-heure... et il ose dire qu'il ne |ieul pas me suivre! Je crois véritablement iju'ils ont fait un complot pour me faire sauver de l'école; mais cela ne sera pas, révolutionnaires ! vous ne me chasserez pas d'ici...

)•. Doua lin, crin ni.

Ce n'est pas vrai, in'sieu le maitre. Victor a encore fait des 0' pendant (pie vous dictiez.

i.K M A I T n E , avec impatience.

Ali ! vous faites encore des 0 ! et je crie à m'époiimoiier pour des fainéants, pour des ânes comme cela! Il y a de quoi en perdre la télé! (Il se tourne de l'autre côte de la salle.)

vK.TOit, donnant A Edouard un soufflet relen tissant.

Tiens! va le dire encore! Attends i|ue l'école soit finie, je le flan(|uerai dans l'égout, et fii n'auras (ju'à a|ipeler Ion père et la iiiero à Ion aide, bavard ! (Ils se prennent aux cheveux et luttent brut/animent. Le maître court à eux, les saisit par le collet et les sépare.)

I E iiAiTitK, dans une ijrandc colère.

Polissons ! vauriens ! Ils sont pires (|ue les enfants de la ruelle du Sureau et de l'allée du Cygne -. Vous me ferez encore cracher le >an}î, serpents (jiie vous êtes! Mais je vous le dis, soyez sûrs (jue le premier qui ose encore bouger, je le cliasse de la classe... Attention ! {Grand silence dans l'école. Victor fourre sa main sous la table et pince la jambe d'Edouard ; mais celui-ci n'ose plus remuer: ta souffrance se peint sur son risaye en grimaces romi<iues. — Le maitre, calmé.) Où en étions-nous? \h](Dictaut.) << la méclianceté du (ils dénaturé,.. .\bsaIon a\ant perdu... la bataille... la bataille... prit la fiiile... » François, vous ne faites pas attention. Vous voilà encore à mâcher du papier! Répétez ce que je viens de dire.

I. l'aiir (1rs (t. (In trace ilc« 0 di^poftds comme un jou (le quille»; \r jmipur, ^ur rinriir.nlion do son camarade, doit relier lou* le» 0 le» un» aux .inlro» par dcx lijjnef" «an» loucher une li(fnc drjà Iracée.

i. Fine du (juarlier 'lu Im» peuple à Anver'.

LE MAITUE D'ÉCOLE.

l'UANC.OlS.

i,E MAITUE. inilc.

Comment A, âne! J'ai dit : « prit la fuite. » (Dictant.) « et vint à passer sous un i^rand arbre;... mais sa Ionique chevelure... ciievelure... s'embarrassa... dans les branches... branches... » François, ôtez ce bonliomme et écrivez : <( dans les branches de l'arbre... arbre... et Absalon y resta suspendu... »

{Pendant la dictée, François a mâché enlie ses dents une boulette de papier et y a attaché un bonhomme découpé. Il lance le tout contre la poutre du plafond : la boulette y reste attachée.)

VICTOR, arec joie.

Ah! Ah! voilà Absalon qui est pendu par ses longs cheveux !

LE MAITRE, fdcllé.

François, vous resterez en retenue. Je vous apprendrai à mâcher du papier. Vous n'aurez rien à manger à midi. (A tous les écoliers.) La dictée est finie. Victor, épelez le dernier mot.

VICTOR, à Edouard.

Quel est le dernier mot ?... Veux-tu le dire, ou je te pince !

EDOUARD

Non, je ne le dirai pas, là.

VICTOR, le pinçant dans le dos.

Veux-tu le dire tout de suite !

EDOUARD, criant donluareusement.

Pendu ! Pendu !

LE MAITRE, à Édonat'd.

Ce n'est pas à vous qu'on le demande, braillard! Voyons, Victor, épelez le dernier mot.

VICTOR, d'une voix inintoUifjible et très cite.

P h g f n... pen... c n u d, du... pendu.

LE MAITRE, hocliant la tête.

Assez, assez. Nous épellerons après midi. Voyons le Petit Cathéchisme, la première leçon... {Grand bruit; les écoliers mettent leurs cahiers dans les tiroirs des pupitres : la plupart outrent leur catéchisme sur leurs genoux, pour être mieux à même de répondre. On ne roit ni Victor ni Charles : ils sont sous la table). Attention à la première leçon! Edouard, combien y a-t-il de dieux?

EDOUARD, Iri's vile.

Trois;... non, deux;.,, c'est-à-dire... non, un seul.

LE MAITRE

Comment, trois, imbécile! Et vous, Victor, combien y a-t-il de dieux?

VICTOR, passant la tête de dessous la table. Sept : l'orgueil, l'avarice, la paresse, l'envie...

LE MAITRE

Silence, hérétique! Ça ne sait pas encore combien il y a de dieux. Allez-vous sortir de dessous la table! Que faites-vous encore là?

EDOUARD

Ils jouent aux billes, m'sieu.

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