FRANÇOIS
Non, m'sieu, ils jouent aux noyaux^.
LE MAITRE saisU une règle et frappe au hasard sous la lahle.
Sortez, vauriens! vite... ou je vous casse bras et jambes!...
VICTOR ET en A RLE Se hlottissaut (à et là sous la table.
Aïe,... c'est dans mon œil ! Aie,.,, ma tête ! Mon Dieu,... mon nez !
{Us sortent en' hurlant de dessous la table. Un des yeux de Victor est rouge et semble aroir reçu un coup violent.)
LE MAITRE, allant à Victor et le caressant. Victor, Victor, vous voyez ce qu'on y gagne ! {Il le prend doucement par la main.) Venez ici, mon garçon. Asseyez-vous à la grande table. Vous pouvez être dans la première classe ; je vous donnerai un livre neuf.
VICTOR, entre ses dents.
Voleur! voleur, va!
{On sonne à la porte: le maitre ourre.)
MADAME VAN LAER, uière de Victor.
Bonjour, maitre Verdouck. Je viens m'informer de mon lils. J'ai été au marché acheter un peu de céleri et d'oignons dont on a toujours besoin
1. Autre jeu d'écoliers. On fend en deux un noyau de cerise, puis l'on jette à terre les deux morceaux comme des dés : s'ils retombent sur la partie convexe on prend un certain nombre de noyaux de cerises de l'eujeu. Si au contraire ils tombent aplat, on est obligé d'ajouter à l'enjeu un pareil nombre de noyaux.
4tl-2
LK MAITIIE D'ÉCOLE.
dans un ménage, el je me suis dit à moi-rnt'iiie : <i Tiens î si j'allais voir ce que fait mon Victor. » Kn t''les-vous conteni?
1, K M A 1 T it K, d' n ne loi.r palclinc.
Exlrôincment rorUenI, madame Yan Laor. Victor est saj;e;... n'est-ce pas, Victor? C'est un de mes meilleurs élèves; il n'y a ((n'un instant, il vient de mimter d'une classe, el demain il prendra l.c Tnsor dfs Eiifnnts.
MAliA.ME \ AN I.AI". R.
Mais, ([iia-t il donc à j'ieil, le pauvre enfant? Il est tout rouge.
I, E MAITKE.
.l'ai là un mauvais garnement (|ui (ait toujours du mal à Victor, sans doute par jalousie de ce i|u"il apprend si bien. (.1 Edouard.) Edouard, avisez-vous encore de battre Victor , et je vous mets à la porte de l'i'cole, vous pouvez y CDmjjter!
ÉDO u AU n, nniniiinant.
C'est VOUS qui lavez ballu! Vous avez frappé Victor à l'd'il avec votre règle.
IK M\iTiii., laiirntt un irijurd fnricit.r l'i Kdomiid .
Taisez-vous, insolent! Il n'y a rien de bon à faire de vous. Imitez Victor, el vos parents seront contents comme les siens.
Et» 0 UA Kl), à nii-i'oix.
C'est parce que sa mère est ici, liein ? C'est égal, tout à l'heure il retrouvera sou compte.
M A r) AME VAN I.Al, II.
.Mais, maître Verdouck, vous savez bien, le (ils de madame Laurier, qui va à l'école cbez .M. Iluysmans? Kh bien, il parle toujours de l'Amérique et des pays étrangers, tout comme un pliilosophe. Victor ne pourrait-il pas apprendre cela aussi?