‹ Œuvres completes de Henri Conscience La guerre des paysansChapitre 7 sur 16 · LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ OU LA MORT · texte numérisé non relu

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ OU LA MORT

Au citoyen auteur de mes jours.

Celle-ci sert pour vous informer que votre fils, délégué par l’administration centrale du département des Deux-Nèthes, se rendra dans trois ou quatre jours dans son village natal, pour y assurer l’entière exécution des

lois de la république et délivrer ses anciennes conmtissances des chaînes du despotisme et de tous les suppôts du fanatisme infernal, de ces hypocrites maudits qui, sous le masque du sacerdoce, vous tiennent courbés dans la fange de l’abrutissement.

Rendez grâce à la république française; si vous êtes encore dignes du titre d’homme, si le servilisme et l’ignorance n’ont pas éteint jusqu’aux dernières facultés de ceux au milieu desquels j’ai reçu la lumière, un beau jour va luire pour Waldeghem.

Je vous apporte la liberté, et, avec elle , la protection et l’appui de cette sublime République française, qui, dans son amour infini, embrasse d’une même et généreuse étreinte tous les peuples de la terre, et me charge, moi indigne, de vous porter l’ineffable bonheur d’être compté au nombre de ses enfants !

Si, contre mon attente, je trouvais les habitants de Waldeghem encore croupissants dans la boue immonde des vieilles momeries, je saurais faire mon inexorable devoir en vrai républicain.

Ayez la complaisance de faire dire au meunier Cuylen que je compte loger chez lui pour être plus près de la grand’route.

Votre fils,

Simon BRtTüs^

Tout à coup le brasseur s’épouvanta; il voyait des larmes tomber des yeux du prêtre et son visage pâlir ;

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