‹ Œuvres completes de Henri Heine Poemes et legendesChapitre 20 sur 83 · L’ORAGE · texte numérisé non relu

L’ORAGE

L’orage couve sourdement sur la mer, et à travers la noire muraille des nuages palpite la foudre dentelée qui luit et s’éteint comme un trait d’esprit sorti de la tête de Zeus-Kronion. Sur l’onde déserte et sombre roule longuement le tonnerre et bondissent les blancs coursiers de Poséidon , que Borée lui-même a jadis engendrés avec les cavales échevelées d’Érichthon, et les oiseaux de mer s’agitent, inquiets comme les ombres des morts que Caron, au bord du Styx, repousse de sa barque surchargée.

LA HER DU NORD

Il y a un pauvre petit navire qui danse là-bas une danse bien périlleuse ! Éole lui envoie les plus fougueux musiciens de sa bande, qui le harcèlent cruellement de leur branle folâtre; l’un siffle, l’autre souffle, le troisième joue de la basse, — et le pilote chancelait se tient au gouvernail et observe sans cesse la boussole , cette âme tremblante du navire, et, tendant des mains suppliantes vers le ciel , il s’écrie : Oh ! sauve-moi , Castor, vaillant cavalier, et toi, glorieux athlète, Pollux!

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