‹ Œuvres complètes de J. Autran (volume 2)Chapitre 27 sur 54 · CHAULIEU ET LAFARE · texte numérisé non relu

CHAULIEU ET LAFARE

Il serait grand temps, ce me semble, d'expulser de toutes les anthologies ces deux compagnons mal élevés qui siègent depuis deux siècles environ au banquet de l'Olympe. Qu'ont-ils fait pour mériter l'honneur d'y être admis et d'y Irâoer depuis si longtemps?

De Chaulieu.de cette espèce de faux abbé qui vivait si grassement dans les prébendesetlesbénéfices, je ne connais que quelques vers imités, mal imités d'Horace, une douzaine de stances dans un genre où il a été depuisdépassé decentcoudées. De Lafare, je ne connais rien. Je sais seulement que ce parvenu de la poésie était une sorte de pourceau d'Épicure, un capitaine en retraite, tombé

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de )a rimaillerie daos l'ivrognerie, de l'ivrognerie dans la gloutonnerie et dans toute sorte de malpropretés. C'est pourquoi je m'étonne d'une tolérance séculaire qui semble consacrer des titres si mal acquis. Que l'on y songe : il s'est formé tout un groupe de nouveaui poètes plus dignes d'être admis au festin. Je ne demande pas que, de siècle en siècle, l'on mette des ratlonges et la table des dieus; je ne veux pas que l'on finisse par en faire une espèce de table d'hAte comme celle du Grand-H6tel ou les convives ne sont plus qu'une cohue assise et fourmillante. Non, mais je voudrais que, par intervalle, afin d'avoir de nouvelles places h donner, on congédiât les intrus qui s'y sont furtivement faufilés ; je voudrais, puisque j'en suis k parler de Lafare et de Chaulieu, que l'on fît de temps en temps justice de tous ces parasites, de tous ces pique-assiette de l'immortalité.

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