‹ Œuvres complètes de J. AutranChapitre 11 sur 99 · EN PANNE · texte numérisé non relu

EN PANNE

Le vent , depuis trois jours, manque aux voiles oisives Du navire assoupi sur une mer qui dort.

Tel , qui croyait partir et voguer loin des rives , S'arrête à quatre pas de la côte et du port.

Las de compter en vain les heures fugitives, Le capitaine va de bâbord à tribord, £t« rogue, impatient, fécond en invectives, Demande au vent muet s*il est tout à fait mort.

Nous, penchés tristement sur le noir bastingage.

Le cœur mal détaché des tendres liaisons.

Nous songeons aux amis laissés à ce rivage.

Ils nous rêvent déjà sous d'autres horizons, Et ne se doutent pas que, si près de la plage, Nous regardons encor les toits de leurs maisons!

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