LA GROTTE
Assiduo resooat cantu.
Vl ROILK.
Midi ! pas un nuage au ciel que ton œil sonde! Vaste sérénité! Pourtant, si le ciel dort, L'onde eille : là-bas, sous un cap, elle gronde; Ici, sur les cailloux, elle gazouille au bord.
Comme elle y berce bien cette felouque vide, Dont les noirs matelots, à terre, en plein soleil. Reposent, assoupis par la chanson liquide Que le flot amical dédie à leur sommeil !
Sur le sable poli, comme elle court et fume ! VoisI si ton pied léger la déûe en passant, Elle vient le mouiller d'une rapide écume; Puis, vers son lit pierreux, vite elle redescend.
Qu'elle est belle, cette eau qui scintille et qui tremble;
Cette nappe d'azur où pénètre le jour,
Cette mer qui te voit, qui te parle, qui semble
Un immense sourire étincelant d'amour !
Midi ! viens dans la grotte aux murs tendus de lierre ; Allons nous reposer sur nos tapis de joncs.
Enfant, tu chanteras, de ta voix familière.
L'hymne des jours heureux qu'ici nous abrégeons.
Ou bien, couple rêveur, dans l'ombre et le silence. Nous nous contenterons d'entendre, ô ma beauté 1 Ce cantique éternel que chaque flot cadence.
Ce chant de l'infini que Dieu môme a noté!
Un concert de Mozart, le séraphin terrestre, Peut lasser l'auditeur trop longtemps suspendu ; Mais, sous l'archet de Dieu, la mer est un orchestre Que les hommes jamais n'ont assez entendu.