‹ Œuvres complètes de J. AutranChapitre 59 sur 99 · L'IDYLLE AU RIVAGE · texte numérisé non relu

L'IDYLLE AU RIVAGE

SILVIO

songe éblouissant!... que Dieu, dans sa bonté,

N'en fait-il, dès cette heure, une réalité !

Qui sait? grande est la joie où ton récit me plonge.

La vérité souvent nous parle dans un songe.

J'en crois à l'avenir; nous devons être un jour.

Moi prince couronné, toi reine dans ta cour.

Nous vivons, nous dormons, dans la soie et l'hermine.

Rien ne vaut ta beauté, sinon ma ûère mine,

Alors que je descends le perron du château.

Et qu'un page me suit, soulevant mon manteau !...

Tandis que le pêcheur prononçait ces paroles, Un vieillard, son patron, revenu de Pouzzoles, L'appela : — Paresseux, qui dors sur le galet. Debout! viens avec nous retirer le filet. —

Aux douceurs de cette heure arraché non sans peine : — Allons ramer, dit-il. Adieu, ma souveraine ! Triste et lent, il marchait. Au détour du chemin, 11 aperçut encor le geste d'une main.

Une voix s'éleva qui, du haut d% la grève, Criait : — Rapporte-moi le poisson de mon rêve !

SOLITODB AUX ■NV1R0N8 DB PISB.

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