‹ Œuvres complètes de J. AutranChapitre 7 sur 99 · LES OCÉANIDES · texte numérisé non relu

LES OCÉANIDES

L'Océan, ses vaisseaux, ses monstres, ses forêts. Nous te révélerons par quel ressort occulte La mer, à quelque dieu qu*elle rende son culte, Tantôt baise ses bords et tantôt les insulte; Viens! tu n'ignoreras aucun de nos secrets! »

Ainsi chantait le chœur apporté par la brise. Cependant, le poète écoutait, l'âme éprise; Pensif, il descendait Tâpre escalier des monts. Il atteignit bientôt la grève où le flot croule ; Et là, des jours entiers, oublieux de la foule. Il vécut, l'œil fixé sur Técumante houle ; Il fit son lit dans l'algue et dans les goémons.

« Chœur sacré I disait-il, blanches Océanides,

Qui m'avez rappelé de mes sommets arides.

Chantez ! je noterai votre éternel concert.

Est-ce à vous que je dois, filles du grand Homère,

Tant de rêves pressés dans mon front éphémère?

Ou n'est-ce pas plutôt à ce Dieu de ma mère

Qui m'a dit : « Sois poëte, et viens vivre au désert ? »

Et puis ses visions, ses hymnes, ses pensées, Au sable de la rive étaient par lui tracées

Avec un roseau frêle et tremblant dans sa main. Poèmes de tristesse ou de joyeux délire !

— Vous qui passez aux bords, hâtez-vous de les lire, Hâtez-vous ! car, s'il vient une vague, un zéphire. Rien du livre effaoé ne restera demain I

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