‹ Œuvres complètes de J. AutranChapitre 80 sur 99 · LE BASSIN DE CARENAGE · texte numérisé non relu

LE BASSIN DE CARENAGE

C'est ici qu'on refait la carène ou la poupe Des fragiles vaisseaux que la mer a blessés.

Les charpentiers sont là ; chacun taille et découpe, Et les bruyants marteaux frappent à coups pressés.

De navires perclus toute une morne troupe Montre ses mâts rompus et ses flancs crevassés. Dans la blessure ouverte ils attendent Tétoupe, Et font doubler de fer les endroits menacés.

Puis, aux premiers beaux jours, ils sortiront encore ; Ils iront au couchant, ils iront à l'aurore, A l'épreuve nouvelle empressés de s'offrir.

326 LbS POEMES DE LA MEK.

Car, ô tempête, ô vent, écueil, horreur suprême I On vous hait, on vous craint, et pourtant on vous aime. Et plus on a souffert, plus on voudra souffrir.

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