AD PATRON PIERRE
Des terrains sans culture, où les chèvres du p&tre Achèvent un gazon que le mistral brûla, Des bois de pins, rampant sur la roche marâtre. Et de pauvres maisons dont la pierre grisâtre S'écaille au vent de mer, — Endoume, te voilà !
Cependant, plus qu'un sol prodigue de merveilleis. Plus qu'un jardin riant au printemps bienvenu. Plus que les doux vallons Hantés par les abeilles. Où les ruisseaux d'argent baignent les fleurs vermeilles, Le peuple de ma ville aime te rocher nu.
El, quand du long travail meurt enQn la semaine. Ces lieux pour le repos sont à jamais choisis : Femmes, filles, enfants qu'à la remorque on mène, Vieillards et jeunes gens partent, guirlande humaine, Heureux d'aller revoir la stérile oasis.
Dès Taube du dimanche, heure de leur attente. Chaque toit du village arbore un pavillon; Devant chaque maison se déploie une tente ; £t là, cœurs satisfaits, ce seul jour les contente Plus que s'il apportait tout l'or d'un galion.
De Taurore à la nuit, on chante, on rit, on danse. Chaque pan de coteau porte un joyeux essaim.
Partout les tambourins résonnent en cadence; Et le rocher, surpris, admire l'abondance Des festins étalés sur son aride sein.
Pour rinfertile sol d'où naît cette tendresse? Pourquoi tant de chansons et de rires dans Pair ? Pourquoi tant de galté sur tant de sécheresse? — C'est qu'au pied des coteaux où la foule se presse S'étend la mer d^azur, la radieuse mer ;