A UN POETE SATIRIQUE
IHiO
Lenesque sub noctem susurri.
HOKACB.
« Un jour enfîu, disais-je, il faudrait le connaître Ce nouveau Juvénal, en rimes passé maître.
Dont le vers, fabriqué dans un moule puissant. Comme un marteau d'airain, frappe en retentissant. Quel est-il? d'où lui vient cette humeur de bataille? A-t-il d'un vieux lutteur Tencolure et la taille? De cette Némésis qu appellent tous ses voeux Voit-on les longs serpents mêlés à ses cheveux? Son rapide regard, feu d'une âme irascible, Pénètre-t-il en vous comme un trait dans la cible ;
Et sa voix, quand il parle, a-t-elle un de ces sons Qui de la tête aux pieds font courir les frissons? » Ainsi, — car nous aimons à nous faire une image Des poètes dont l'œuvre appelle notre hommage. Et, selon leur esprit et leurs travaux divers. Nous donnons à chacun l'allure de son vers, — Ainsi, croyant trouver en ton livre un augure. J'avais voulu, de loin, façonner ta figure.
Et, de tes derniers vers encor tout frissonnant. En toi je croyais voir un Jupiter Tonnant!
Mais hier, introduit dans ta haute retraite, Pour la première fois je te vis, ô poëte!
Et, réprimant soudain ma secrète terreur.
J'annulai le portrait qu'ébaucha mon erreur.
Non, tu n'étais en rien ce grand dieu de la Fable Qui jamais ne sut dire une parole affable.
Et qui, tyran du ciel, d'un froncement des yeux. Sur l'Olympe ébranlé faisait pâlir les dieux. On pouvait t' écouter et te voir sans secousse ; Ton regard était bon, ta parole était douce ; Elle avait même un peu cet accent alourdi Qui trahit dans le Nord les enfants du Midi.
Puis, le soir, emportés par l'agile nacelle