A UN POETE SATIRIQUE
Loin des quais de la ville où le bruit nous harcèle, Nous nous étions assis, trois amis, à l'écart, A l'un de ces banquets dressés par Policard S Maritimes festins où l'on sert aux convives La moule et la clovisse aux lèvres encor vives, Et les tributs squammeux du liquide élément.
Que l'incessante pêche apporte incessamment.
Là, tandis que la nuit tendait sa brune toile. Tandis qu'apparaissait une première étoile, Et que, venu du golfe, un zéphire marin Nous apportait des flots le paisible refrain. Nous avions, à nous trois, sur la haute terrasse. Un de ces entretiens comme en voulait Horace, Épanchements du cœur murmurés lentement.
Et qu'un grave silence interrompt par moment.
Et toi, tu nous parlais d'une heureuse vallée
Où tu vécus jadis ton enfance isolée :
Du désert de Saint-Jean, solitaire séjour
Où l'on rencontre à peine un passant en un jour;
Des bois de pins flottant sur la colline agreste,
Du plateau de bruyère où, seule au milieu, reste