‹ Œuvres complètes de J.-B. Poquelin MolièreChapitre 108 sur 266 · SCÈNE I. — ARNOLPHË, AGNÈS, ALAIN, GEORGETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE I. — ARNOLPHË, AGNÈS, ALAIN, GEORGETTE

ARNOLPHE

Oui, tout a bien été, ma joie est sans pareille ;

Vous avez là suivi mes ordres à merveille,

Confondu de tout point le blondin séducteur ;

Et voilà de quoi sert un sage directeur.

Votre innocence, Agnès, avoit été surprise :

Voyez, sans y penser, où vous vous étiez mise.

« Vous enfiliez tout droit, sans mon instruction,

» I,e grand chemin d'enfer et de perdition.

» De tous ces damoiseaux on sait trop les coutumes;

» Ils ont de beaux canons, force rubans et plumes,

» Grands cheveux, belles dents, et des propos fort doux;

» Mais, comme je vous dis, la griffe est là-dessous ;

» Et ce sont vrais satans, dont la gueule altérée

» De l'honneur féminin cherche à faire curée * ; »

Mais, encore une fois, grâce au soin apporté,

Vous en êtes sortie avec honnêteté.

L'air dont je vous ai vu lui jeter cette pierre,

Qui de tous ses desseins a mis lespoir par terre,

' Les huit vers indiqués par des guillemets n'étaient pas prononcés sur la scène du temps de Molière, comme aUentatoires à la morale et offrant la parodie des recommandations de l'Église.

il* iv

Ub L'ÉCOLE DES FEMMES

Me confirme encor mieux à ne point différer Les noces où j'ai dit qu'il vous faut prépou^er. Mais, avant toute chose, il est bon de vous faire Quelque petit discours qui vous soit salutaire.

A Georgette et à Alain.

Un siège au frais ici. Vous, si jamais en rien...

GEORGETTE

De toutes vos leçons nous nous souviendrons bien. Cet autre monsieur-là nous en faisoit accroire : Mais...

ALAIN

S'il entre jamais, je veux jamais ne boire, Aussi bien est-ce un sot : il nous a l'autre fois Dorné deux écus d'or qui n'étoient pas de poids.

ARNOLPHE

Ayez donc pour souper tout ce que je désire; Et pour notre contrat, comme je viens de dire, Faites venir ici, l'un ou l'autre, au retour, Le notaire qui loge au coin du carrefour.

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