ACTE IV, SCENE VIII
Que, des c^ jp? du hasard aucun n'étant garant,
Cet accident de soi doit être indifférent;
Et qu'enfin tout le mal, quoique le monde glose,
N'est que dans la façon de recevoir la chose :
Et, pour se bien conduire en ces difficultés,
Il y faut, comme en tout, fuir les extrémités.
N'imiter pas ces gens un peu trop débonnaires
Qui tirent vanité de ces sortes d'affaires.
De leurs femmes toujours vont citant les galans,
En font partout l'éloge, et prônent leurs talens,
Témoignent avec eux d'étroites sympathies,
Sont de tous leurs cadeaux, de toutes leurs parties,
En font qu'avec raison les gens sent étonnés
De voir leur hardiesse à montrer là leur nez.
Ce procédé, sans doute, est tout à fait blâmable;
Mais l'autre extrémité n'est pas moins condamnable.
Si je n'approuve pas ces amis des galans.
Je ne suis pas aussi pour ces gens turbulens
Dont l'imprudent chagrin, qui tempête et qui gronde,
Attire au bruit qu'il fait les yeux de tout le monde,
Et qui, par cet éclat, semblent ne pas vouloir
Qu'aucun puisse ignorer ce qu'ils peuvent avoir.
Entre ces deux partis il en est un honnête,
Où, dans l'occasion, l'homme prudent s'arrête ;
Et, quand on le sait prendre, on n'a point à rougir
Du pis dont une femme avec nous puisse agir.
Quoi qu'on en puisse dire enfin, le cocuage
Sous des traits moins affreux aisément s'envisage;
Et, comme je vous dis, toute l'habileté
Ne va qu'à le savoir tourner du bon côté.
ARNOLPHE
Après ce beau discours, toute la confrérie Doit un remerciment à votre seigneurie; Et quiconque voudra vous entendre parler Montrera de la joie à s'y voir enrôler.
CHRYSALDE.
Je ne dis pas cela; car c'est ce que je blâme:
Mais, comme c'est le sort qui nous donne une femms,
Je dis que l'on doit faire ainsi qu'au jeu de déa, Où, s'il ne vous vient pas ce que vous demandes!, Il faut jouer d'adresse, et, d'une âme réduite *, Corriger le hasard par la bonne conduite.
ARNOLPHE
C"est-à-dire, dormir et manger toujours bien, Et se persuader que tout cela n'est rien.
CHRYSALDE.
Vous pensez vous moquer ; mais, à ne vous rien feindre, Dans le monde je vois cent choses plus à craindre, Et dont je me ferois un bien plus grand malheur Que de cet accident qui vous fait tant de peur. Pensez-vous qu'à choisir de deux choses prescrites, Je n'aimasse pas mieux être ce que vous dites Que de me voir mari de ces femmes de bien, Dont la mauvaise humeur fait un procès sur rien ; Ces dragons de vertu, ces honnêtes diablesses. Se retranchant toujours sur leurs sages prouesses, Qui, pour un petit tort qu'elles ne nous font pas. Prennent droit de traiter les gens de haut en bas, Et veulent, sur le pied de nous être fidèles. Que nous soyons tenus à tout endurer d'elles? Encore un coup, compère, apprenez qu'en effet Le cocuage n'est que ce que l'on le fait; Qu'on peut le souhaiter pour de certaines causes, El qu'il a ses plaisirs comme les autres choses.
ALNOLPHE.
Si vous êtes d'humeur à vous en contenter, Quant à moi, ce n'est pas la mienne d'en tâter ; Et plutôt que subir une telle aventure...
CHRYSALDE.
Mon Dieu ! no jurez point, do peur d'être parjure. Si le sort l'a réglé, vos soins sont superflus, El l'on ne prendra pas votre avis ld-dessu3.
ARNOLPHE
Moi, if serois cocu ?
• Pour : iiuiubW sous le rtesiiii. Bulle exprcsnion créée par Molière.