‹ Œuvres complètes de J.-B. Poquelin MolièreChapitre 145 sur 266 · SCENE III m · texte numérisé non relu

SCENE III m

réputation qu'on lui donne, et les choses que le public a vues de lui. Vous connoissez rhonmie, et sa naturelle paresse à soutenir la conversation. Elle l'avoit invité à souper comme bel esprit, et jamais il ne parut si sot, parmi une demidouzaine de gens à qui elle avoit fait fête de lui, et qui le regardoient avec de grands yeux, comme une personne qui ne de\ oit pas être faite comme les autres. Ils pensoient tous qu'il éloitlà pour défrayer la compagnie de bons mots; que chaque parole qui sortoit de sa bouche devoit être extraordinaire; (]u'il devoit faire des impromptus sur tout ce qu'on disoit, et ne demander à boire qu'avec une pointe ; mais il les trompa fort par son silence, et la dame fut aussi mal satisfaite de lui que je le fus d'elle.

URANIE

Tais-toi. Je vais la recevoir à la porte de la chambre.

ÉLISE

Encore un mot. Je voudrois bien la voir mariée avec le marquis dont nous avons parlé. Le bel assemblage que ce seroit d'une précieuse et d'un turlupinl

URANIE

Veux- tu te taire! La voici.

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