‹ Œuvres complètes de J.-B. Poquelin MolièreChapitre 15 sur 266 · SCÈNE II.— SGANARELLE · texte numérisé non relu

SCÈNE II.— SGANARELLE

U va frapper à sa porte, croyant que c est celle de Vi'rrt. Ne perdons point de temps; c'est ici. Qui va là? Bon, je rêve. Holà! dis-je, holà, quelqu'un! holàl Je ne m'étonne pas, après cette lumière, S'il y venoit tantôt de si douce manière ; Mais je veux me hâter, et de son fol espoir...

SCÈfttlII. — SGANARELLE, VALÈRE, ERGASTE. SGANARELLE, à Ergaste, qiii >st sorti brusquement.

Peste ?oit du gros bœuf, qui, pour me faire choir, Se vient devant mes pas planter comme une perche!

VALÈRE

Monsieur, j'ai du regret. . .

Ah ! c'est vous que je cherche

VALÈRE

Moi, monsieur?

SGANARELLE

Vous. Valère est-il pas votre nom?

VALÈRE

Oui.

SGANARELLE

Je viens vous parler, si vous le trouvez bon.

VALÈRE

Puis-je être assez heureux pour vous rendre service?

SGANARELLE

Non. Mais je prétends, moi, vous rendre un bon office, Et c'est ce qui chez vous prend droit de m'amener.

VALÈRE

Chez moi, monsieur?

SGANARELLE

Chez vous. Faut-il tant s'étonner!

VALÈRE

J'en ai bien du sujet; et mon âme, ravie De l'honneur...

Laissons-là cet honneur, je vous prie.

VALÈRE

Voulez-vous pas entrer?

SGANARELLE

Il n'en est pas besoin.

VALÈRE

Monsieur, de grâce.

SGANARELLE

Non, je n'irai pas plus loin.

VALÈRE

Tant que vous serez là, je ne puis vous entendre.

SGANARELLE

Moi, je n'en veux bouger.

Page 1