SCENE I
vob; naturel, et gesticuler le moins qu'il vous sera possible. \ la Grange.
Pour vous, je n'ai rien à vous dire.
A mademoiselle Béjart.
Vous, vous représentez une de ces femmes qui, pourvu qu'elles ne fassent point l'amour, croient que tout le reste leur est permis; de ces femmes qui se retranchent toujours fièrement sur leur pruderie, regardent un chacun de haut en bas, et veulent que toutes les plus belles qualités que possèdent les autres ne soient rien en comparaison d'un misérable honneur dont personne ne se soucie. Ayez toujours ce caractère devant les yeux, pour en bien faire les grimaces.
A mademoiselle Debrie.
Pour VOUS, faites une de ces femmes qui pensent être les plus vertueuses personnes du monde, pourvu qu'ellessauvent les apparences; de ces femmes qui croient que le péché n'est que dans le scandale, qui veulent conduire doucement les affaires qu'elles ont sur le pied d'attachement honnête, et appellent amis ce que les autres nomment galaas. Entrez bien dans ce caractère.
A mademoiselle Molière.
Vous, vous faites le même personnage que dans la Critique, et je n'ai rien à vous dire, non plus qu'à mademoiselle Duparc.
A mademoiselle dn Croisy.
Pour vous, vous représentez une de ces personnes qui prêtent doucement des charités * à tout le monde; de ces femmes qui donnent toujours le petit coup de langue en passant, et seroient bien fâchées d'avoir souffert qu'on eût dit du bien du prochain. Je crois que vous ne vous acquitterez pas mal de ce rôle.
A mademoiselle Hervé.
Et pour vous, vous êtes la soubrette de la précieuse, qui se mêle de temps en temps dans la conversation, et attrape, comme elle peut, tous les termes de sa maîtresse. Je vous
' l^<mr: niéJiie avec douceur, prêter de mauvaises actions a son prochaiu, sans doute par charité. Proverbe par antiphrase, d'une sigiiificalion Irès-inalicieuse,
dis tous vos caractères, afin que vous vous les imprimiez fortement dans l'esprit. Commençons maintenant à répéter, et voyons comme cela ira. Ah! voici justement un fâcheux! n ne nous fallait plus que cela !
SCÈNE II- — LA THORILLIÈRE, MOLIÈRE, BRÉCOURT, LA GRANGE, DU CROISY, mesdemoiselles DUPARC, BÉJAUT, DEBRIE, MOLIÈRE, DU CROISY, HERVÉ.
LA THORILLIÈRE
Bonjour, monsieur Molière.
MOLIÈRE
Monsieur, votre serviteur, (a part.) La peste soit do 'homme I
LA THORILLIÈRE
Gomment vous en va * ?
MOLIÈRE
Fort bien, pour vous servir, (Aux actrices.) Mesdemoiselles, ne...
LA THORILLIÈRE
Je viens d'un lieu où j'ai bien dit du bien de vous.
MOLIÈRR.
Je vous suis obligé, (a part.) Que le diable t'emporte! (Aux acteurs.) Avozun peu de soin...
LA THORILLIÈRE
Vous jouez iine pièce nouvelle aujourd'hui?
MOLIÈRE
Oui, monsieur. (Aux actrices.) N'oubliez pas...
LA THORILLIÈRE
C'est le roi qui vous l'a fait faire?
MOLIÈRE
Oui, monsieur. (Aux acteurs.) Do grâce, songez...
LA THORILLIÈRE
Comment l'apielez-vous?
MOLIÈRE
Oui, monsieur.
• Four : conimcn va-t-il de votre santé ? Expression impcrsonneliei comme il y en a be in oup chc/. MoIutc tt dans le vieux style.