‹ Œuvres complètes de J.-B. Poquelin MolièreChapitre 171 sur 266 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

MADEMOISELLE DEBRIE

3v? trouve celte idée assez plaisante, et j'en ai reconnu 1 là dès le premier vers. Continuez, je vous prie. MOLIÈRE, imitant Beauchàteau, comédiea de l'hôtel de Bourgogne dans les stances da Cid.

Perse jusques au fond du cœur, etc.

Et celui-ci, le reconnoître3&-vous bien dans Pompée, de Ser^ torius ?

Il contrefait Hauteroche, comédien de l'iiôtel de Bonrgoijiie.

L'ininiilié qui règne entre les deux partis N'y rend pas de l'honneur, etc.

MADEMOISELLE DEBRIE

Je le reconnois un peu, je pense.

Et celui-ci?

Imitant de Villiers, comédien de l'iiôtel de Bourgogne.

Seigneur, Polybe est mort, etc.

MADEMOISELLE DEBRIE

Oui, je sais qui c'est ; mais il y en a quelques-uns d'entre eux, je crois, que vous auriez peine à contrefaire.

MOLIÈRE

Mon Dieu! il n'y en a point qu'on ne pût attraper par quelque endroit, si je les avois bien étudiés. Mais vous me faites perdre un temps qui nous est cher. Songeons à nous, de grâce, et ne nous amusons point davantage à discourir. (a la Grange.) Vous, prenez garde à bien représenter avec moi votre rôle de marquis.

MADEMOISELLE MOLIÈRE

Toujours des marquis !

MOLIÈRE

Oui, toujours des marquis. Qui diable voulez-vous qu'on prenne pour un caractère agréable de théâtre ? Le marquis aujourd'hui est le plaisant de la comédie; et, comme dans toutes les comédies anciennes on voit toujours un valet bouffon qui fait rire les auditeurs, de même, dans toutes

• Pour: j'en ai reconnu quelques-uns là. Ellipse trop forle.

S'>f5 L'IMPROMPTU DK VERSAILLES

ÊOS pièces de maintenant, il faut toujours un marquis ridicule qui divertisse la compagnie.

MADEMOISELLE BÉJART

Il est vrai, on ne s'en sauroit passer.

Pour vous, mademoiselle...

MADEMOISELLE DUPARC

Mon Dieu I pour moi, je m'acquitterai fort mal de moi personnage, et je ne sais pas pourquoi vous m'avez donné ce rôle de façonnière *.

MOLIÈRE

Mon Dieu ! mademoiselle, voilà comme vous disiez lorsque l'on vous donna celui de la Critique de l'Ecole des femmes; cependant vous vous en êtes acquittée à merveille, et tout le monde est demeuré d'accord qu'on ne peut pas mieux faire que vous avez fait. Croyez-moi, celui-ci sera de même, et vous le jouerez mieux que vous ne pensez.

MADEMOISELLE DUPARC

Comment cela se pourrait-il faire? Car il n'y a point de personne au monde qui soit moins façonnière que moi.

MOLIÈRE

Cela est vrai; et c'est en quoi vous faites mieux voir que vous êtes excellente comédienne, de bien représenter un personnage qui est si contraire à votre humeur. Tâchez donc de bien prendre, tous, le caractère de vos rôles, et de vous figurer que vous êtes ce que vous représentez.

A du Croisy.

Vous faites le poëte, vous, et vous devez vous remplir do ce personnage, marquer cet air pédant qui se conserve parmi le commerce du beau monde, ce ton de voix sentencieux et cette exactitude de prononciation qui appuie sur toutes les syllabes, et ne laisse échapper aucune lettre de la plus sévère orthographe.

A Brécourt.

Pour vous, vous faites un honnête homme de cour, comme vous avez déjà fait aans la Critique de l'Ecole des femmet, c'est-à-dire que vous devez prendre un air posé, un ton de

' Pour: uaigiiarJo, faibanl «le» facoiu. Mul excellent Uevciiu rul^aire.

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