SCÈNE V. — SGANARELLE, ISABELLE
ISABELLE. ha<î. on entrant.
J'ai peiir que. cet amant, plein de sa passion,
28 L'ECOLE DES IIARIS
N'ait pas de mon avis compris l'intention ;
Et j'en veux, dans les fers où je suis prisonnière,
Hasarder un qui parle avec plus de lumière.
Me voilà de retour.
ISABELLE
Eh bien ?
SGANARELLE
Un plein effet A suivi tes discours, et ton homme a son fait. Il me vouloit nier que son cœur fût malade; Mais, lorsque de ta part j'ai marqué l'ambassade, 11 est resté d'abord et muet et confus. Et je ne pense pas qu'il y revienne plus.
ISABELLE
Ahl que me dites- vous? J'ai bien peur du contraire, Et au'il ne nous prépare encor plus d'une affaire.
SGANARELLE
Et sur quoi fondes-tu celle peur que tu dis?
ISABELLE
Vous n'avez pas été plus tôt hors du logis, Qu'ayant, pour prendre l'air, la tête à ma fenêtre, J'ai vu dans ce détour un jeune homme paroilre. Qui d'abord, de la part de cet impertinent, Est venu me donner un bonjour surprenant. Et m'a, droit dans ma chambre, une bolle jetée * Qui renferme une lettre en poulet cachetée. J'ai voulu sans tarder lui rejeter le tout; Mais ses pas de la rue avoient gagné le bout, Et je m'en sens le cœur tout gros de fâcherie.
SGANARELLE
Voyez un pew la ruse et la friponnerie !
ISABELLE
Il est de mon devoir de faire promptement Reporter boite et lettre à ce maudit amant ;
1 l'our : jeté une bolle. Licence archaUiue qui n'avait rien de condam» Bable, et que nous avons perdue.