‹ Œuvres complètes de J.-B. Poquelin MolièreChapitre 196 sur 266 · SCÈNE VII. — SGANARELLE · texte numérisé non relu

SCÈNE VII. — SGANARELLE

Au diable les savans qui ne veulent point écouter les gens! On me l'avoit bien dit que son maître Aristote n'ëloit rien qu'un bavard. Il faut que j'aille trouver l'autre ; peutêtre qu'il sera plus posé et plus raisounable. Holà!

SCÈIE VIII. — MARPHURIÏÏS, SGANARELLE.

iUBPHOJlUS.

Que voulfâ-vous de moi, seigneur Sganareile?

SGA>'A&£LLE.

Seigneur docteur, j'aurois besoin de votre conseil sur une petite affaire dont il s'agit, et je suis venu ici pour cela. (à part.] Ahl voilà qui va bien. Il écoute le monde, celui-ci.

ilABPHURnrS.

Seigneur Sganareile, changez, s'il vous plait, cette façon de parler. Notre philosophie ordonne de ne point énoncer de proposition décisive, de parler de tout avec incertitude, do suspendre toujours son jugement; et, par cette raison, vous ne devez pas dire : Je suis venu, mais : Il me semble que je suis venu.

SGANARELLE

D me semble?

MARPHCBrcS.

Oui.

SOANARELLB.

Parblea ! il feut bien qu'il me le semble, puisque cela est.

MARPHURICS.

Ce n'est pas une conséquence, et il peut vous le semblet sans que la chose soit vériiable.

> Dtrinahoo par les miroin,

* InterpréUiioo des mél'^re».

* Dinnatioo par physionotnie.

* Di'ioatioa par ^'iDS^ection d« la mtiii. ' DiTiciiio:. pir riai[.€t:uoo (iu s<>l.

* Voyei, loDKJ l*'j U Jalotuu du barbouillé, où se liou?» Fébancb ; de cette sccne.

SCE.VE VI!Î ST'l

SGANARELLE

Comment! il n'est pas T.T3i que je suis venu*

MARPHTRirS.

Cela est ir.cerlain. et dous devons douter de loui.

SGAXARKTXK.

Quoi ! je ne sois pas ici, et vous ne me parlez pes?

MABPHOaCS.

Il m'apparoit que vous êtes là, et il me semble que je vous parie ; mais il n'est pas assuré que cela soit.

SGA>"ARELLE.

Eh! que diable! vous vous racquez. Me voilà et vous voilà bien nettement, «4 il n'y a point de me semble à tout cela. Laissons ces 5ub*iL'*.és, je vous prie, et parlons de mon aSaire. Je viens vous dire que j'ai envie de me marier. «AKPHrRirs.

Je n'en sais rien.

s<;anarelle.

Je TOUS le dis.

MARPHCRriS.

Il se peut iaire.

S6A>'ARELLE.

La fille que je veux prendre est fort jeune et fort belle.

iLKRPHVUlVS.

n n'est pas impossible.

SGA>'ARKLLE.

Ferai-je bien ou mal de i'éjx)user î

MARPHURTCS.

L'on ou l'autre.

SGA>'ARELLE, à part.

Ah! ah! voici une autre musique. (A. Uarf^aiini.) Je vous demande si je ferai bien dépouser la fille dont je vous parle.

MARPHCSirS.

Selon la rencontre.

Ferai-je mal?

Par aventure.

tGiXAEElJ.B.

D* grâce, répondez-moi comme il faut.

SGANARELLE

MaRFHI^ICS.

207 LR MARIAGE FOKCE

MARPHURIUS

C'est mon dessein.

SGANARELLE

J'ai un6 grande inclination pour is fiilo,

MARPHURICS.

Cela peut être.

SGANARELLB.

Le père me l'a accordée.

MARPHURICS.

Il se pourroit.

SGANARELLE

Mais, en l'épousant, je crains d'être cxjcu,

MARPHURIUS

La chose est faisable.

SGANARELtE,

Qu'en pensez-vous?

MARPHURIUS

Il n'y a pas d'impossibilité.

SGANARELLE

Mais que feriez-vous si vous étiez à ma j/lanet

MARPHURIUS

Je ne sais.

SGANARELLE

Que me conseillez-vous de faire ?

MARPHURIUS

Ce qu'il vous plaira.

J'enrage l

MARPHURIUS

Je m'en lave les mains.

SGANARELLE

Au diable soit le vieux rêveur !

MARPHURIUS

Il en sera ce qu'il pourra.

SGANARELLE, à part.

La peste du bourreau! Je te ferai changer de not«, cijien de philosophe enragé l

II ^onnp des ronps de Iiâlon à Mai|>huria»

Page 1