‹ Œuvres complètes de J.-B. Poquelin MolièreChapitre 23 sur 266 · ACTE II, SCEr\E iX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCEr\E iX

Si j'avois pu savoir que ce cœur misérable Dût trouver un rival comme vous redoutable.

SGANARELLE

-ie le crois.

VALÈRE

Je n'ai garde à présent d'espérer ; je vous cède, monsieur, et c'est saus murmurer

SGANARELLE

Vous faites bien.

VALÈRE

Le droit de la sorte l'ordonne; Et de tant de vertus brille votre personne, Que j'aurois tort de voir d'un regard de courroux Les tendres sentiments qu'Isabelle a pour vous,

SGANARELLE

Cela s'entend.

VALÈRE

Oui, oui, je vous quitte la place :

Mais je vous prie, au moins, et c'est la seule grâce, Monsieur, que vous demande un misérable amant Dont vous seul aujourd'hui causez tout le tourment; Je vous conjure donc d'a>»urer Isabelle Que, si, depuis trois mois, mon cœur brûle poureîlo, Cette amour esi sans tache, et n'a jamais pensé A rien dont son honneur ait lieu d'être otfensé.

OuL

VALÈRE

Que, ne dépendant que du choix de mon âme, Tous mes desseins étoient de l'obtenir pour femme, Si les destins, en vous qui captivez son cœur, N'opposoienl un obstacle à celle juste ardeur.

SGANARELLE

Fort bien.

VALÈRE

Que, quoi qu'on fasse, il ne lui faut pas croira

Que jau.iu; ses appas soi leiil 'h ma mt-moire,"

Que, quelque arrêt des deux qu'il me faille subir, Mon sort est de l'aimer jusqu'au dernier soupir ; Et que, si quelque chose étouffe mes poursuite?, C'est le juste respect que j'a» pour vos mérites.

SGANAilELLE.

C'est parler sagement; et je vais, de ce pas, Lui faire ce discours qui ne la choque pas ; Mais, si vous me croyez, tâchez de faire en sorte Que de votre cerveau cette passion sorte. Adieu.

ERGASTE, à Valère.

La dupe est bonne !

SCÈHE X. — SGANARELLE.

Il me fait grand'pitié.

Ce pauvre malheureux trop rempli d'amitié; Mais c'est un mal pour lui de s'être mis en tête De vouloir prendre un fort qui se voit ma conquête. Sgauarelle heurte à sa porte.

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