SCÈNE III. — UN SATYRE, MORON
LE SATYRE
La, la, la.
MORON
Ah ! satyre, mon ami, tu sais bien ce que tu m'as promis il y a longtemps. Apprends-moi à chanter, je te prie.
LE SATYRE
.le le veux, mais auparavant écoute une chanson que je viens de faire.
MORON, bas, à part.
11 est si accoutumé à chanter, qu'il ne sauroit parler d'autre façon. (Haut.) Allons, chante, j'écoute.
DEUXIEME INTERMEDE 341
LE SATYRE chante.
leportois.,.
MORON
Une chanson? dis-tu.
LE SATYRE
Je port...
MORON
Une chanson à chanter?
LE SATYRE
Je port...
MORON
Chanson amoureuse? Peste!
LE SATYRE
Je portois dans une cage Deux moineaux que j'avois pris, Lorsque la jeune Chloris Fit, dans un sombre bocage, Briller à mes yeux surpris Les fleurs de son beau visage.
Hélas I dis-je aux moineaux, en recevant les coups De ses yeux si savans à faire des conquêtes,
Consolez-vous, pauvres petites bêtes, Celui qui vous a pris est bien plus pris que vous. Uoron demande au satire une chanson plus passionnée, et le prie délai dire celle qu'il lui avoit ouï chanter quelques jours auparavant. LE SATYRE chante.
Dans vos chants si doux.
Chantez à ma belle, Oiseaux, chantez tous Ma peine mortelle.
Mais, si la cruelle Se met en courroux Au récit fidèle Des maux que je sens pour elle.
Oiseaux, taisez-vous.
MORON
Ah! qu'elle est belle ! Apprends-la-moi.
LE SATYRE
La, la, la, la.
NORON.
.^. la. la, la.
ti, fa. fa. fa.
Fat toi-même 1
LE «SATYRE
MORON
ENTRÉE DU FALLET
Le satyre, en colère, menace Moron, et plusieurs «atATes dansent une entrée plai>anle.