‹ Œuvres complètes de J.-B. Poquelin MolièreChapitre 30 sur 266 · ACTE II, SCËNE XIV 4Î · texte numérisé non relu

ACTE II, SCËNE XIV 4Î

SGANARELLE

Oui. tiens, baise ma main.

ISABELLE

Qup, san? plus de soupirs, Il con<*lue un hymen qui fait tous mes désirs, Et reçoive en ce lieu la foi que je lui donne De n'éc«juter jamais les vœux d'autre personne.

Elle fait semblant d'embrasser Sganarelle, et donne sa main à bniser

à Valère.

SGANARELLE

Hai ! hai I mon petit nez, pauvre petit bouchon, Tu ne languiras pas longtemps, je t'en répond.

A Valère

Va, chut! Vous le voyez, je ne lui fais pas dire : Ce n'est qu'après moi seul que son âme respire.

VALÈRE

Eh bien, madame, eh bien, c'est s'expliquer assez; Je vois, par ce discours, de quoi vous me pressez. Et je saurai dans peu vous ôier la présence De celui qui vous fait si grande violence.

ISARELLE.

Vous ne me sauriez faire un plus charmant plaisir Car enfin cette vue est fâcheuse à souffrir, Elle m'est odieuse ; et l'horreur est si forte...

SGANARELLE

Ehlehl

ISABELLE

Vous ofiensé-je en parlant de la sorfo? Fais-je?...

SGANARELLE

Mon Dieu ! nenni, je ne dis pas cela ; Mais je plains, sans mentir, l'état où le voilà ; Et c'est trop hautement que ta haine se montre

ISABKLLE.

Je n'en puis trop montrer en pareille rencontre.

VALÈRE

Oui, vous serez contente, et dans trois jours vos yeux Ne verront plus l'objet qui vous est odieux.

42 L'ECOLE DES MARIÇ

ISABELLE

A la bonne heure! Adieu.

SGANARELLE, à Valère.

Je plains votre infortune; Mais.,.

VALÈRE

Non, vous n'entendrez de mon cœur plainte aucune, Madame assurément rend justice à tous deux, Et je vais travailler à contenter ses vœux. Adieu.

SGANARELLE

Pauvre garçon! sa douleur est extrême.

Tenez, embrassez-moi ; c'est un autre elle-même *.

Il embrasMj Valère.

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