‹ Œuvres complètes de J.-B. Poquelin MolièreChapitre 38 sur 266 · IT · texte numérisé non relu

IT

ARISTE

Pourquoi celte demande? Elle est, comme je croiy Au bal chez son amie.

SGANARELLE

Ehl oui, oui; suivez-moi, Vous verrez a quel bal la donzelle est allée.

ARISTE

Que voulez-vous conter?

Vous l'avez bien stylée.

Il n'est pas bon de vivre en sé\ère censeur; On gagne les esprits par beaucoup de douceur ; Et les soins déiians, les verroux et les grilles, Ne font pa-i la vertu des femmes ni des filles; Nous les portons au mal par tant d'austérité, Et leur sexe demande un peu de liberté. Vraiment! elle en a pris tout son saoul, la rusée; Et la vertu chez elle est fort humanisée.

ARISTE

OÙ veut donc aboutir un pareil entretien?

SGANAKELLE.

Allez, mon frère aîné, cela vous sied fort bien ; Et je ne voudrois pas pour vin.^t bonnes pistoles Qae vous n'eussiez ce fruit de vos maxime-, folles; On voit ce qu'en deux sœurs nos leçons ont produit ; L'une fuit le galant, et l'autre le poursuit.

ARISTE

Si vous ne mo rendez cette énigme plus claire...

SGANARELLE

L'énigme est que son bal est chez monsieur Valère , Que, de nuit, je l'ai vue y conduire ses pas. Et qu'à l'heure présente elle est entre ses bra?

ARISTE

Qui?

SGANARELLE

Léonor.

ABI.STB.

Cessons de raillei'; je vous pri».

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