ACTE III, SCÈNE VI
SGANARELLE
je raille... Il est fort bon avec sa lailli^rie' Pauvre esprit 1 Je vous dis, et vous redis encor Que Valère chez lui tient voire Léonor, Et qu'ils s'éloient promis une foi iiuiluelle Avant qu'il eût songé de poursuivre Labelle.
ARISTE
Ce discours d'apparence est si fort dépourvu...
SGANARELLE
11 ne le croira pas encore en l'ayant vu : J'enrage! Par ma foi, l'âge ne sert de guère Quand on n'a pas cela.
Il met le doigt sur son front.
ARISTE
Quoi! voulez-vous mon frère..,
SGANARELLE
Blon Dieu! je ne veux rien. Suivez-moi seulement; Votre esprit tout à l'heure aura contentement, Vous verrez si j'impose, et si leur foi donnée N'avait pas joint leurs cœurs depuis plu-' d'une année
ARISTE
L'apparence qu'ainsi, sans m'en faire avertir,
A cet engagement elle eût pu consentir!
Moi qui dans toute chose ai, depuis son enfance,
Montré toujours pour elle entière complaisance,
Et qui cent fois ai fait des protestations
De ne jamais gêner ses inclinations!
SGANARELLE
Enfin vos propres yeux jugeront de l'affaire. J'ai fait venir déjà commissaire et notaire : Nous avons intérêt que l'hymen prétendu Répare cur-le-champ l'honneur qu'elle a perdu , Car je ne pense pas que vous soyez si lâche De vouloir l'épouser avecque cette tache 1. Si vous n'avez encor quelques raisonnemens
« Rime insnfflsanie, l'c du iiiemiei' de ces mots élant Joug, rt le k^ ond 9Unt bref.
Pour vous mettre au-dessus de tous les bernements *.
ARISTE
^loï'f Je n'aurai jamais cette foiblesse extrême De vouloir posséder un cœur malgré lui-même. Mais je ne saurois croire enfln...
SGANARELLE
Que de discours !
Allons, ce procès-là continueroit toujours.