ACTE I, SCENE
SGANARELLE
Quoi qu'il en soit, je suis attaché fortement
A ne démordre point de mon liatjillement.
Je veux une coiliure, en dépit de la mode,
Sous qui toute ma tête ait un abri commode,
Un bon pourpoint * bien long, et fermé comme il fa'.i.t,
Qui, pour bien digérer, tienne l'estomac chaud •,
Un liaut-de-chausàe ^ fait justement pour ma cuisse;
Des souliers où mes pieds ne soient point au supplice,
Ainsi qu'en ont usé sagement no? aïeux :
Et qui me trouve mal n'a qu'à fermer les yeux.
SCÈNE II. — LÉON, ISABELLE, LISETTE, ARISTE bt SGANARELLE, parlant bas ensemble, sur le devant du théâtre, tans être aperçus.
LÉONOR, k Isabelle.
Je me charge de tout, en cas que l'on vous gronde.
LISETTE, à Isabelle.
Toujours dans une chambre à ne point voir le monde ?
ISABELLE
II est ainsi bâti.
LÉONOR
Je vous en plains, ma sœur.
LISETTE, à Léonor.
Bien vous prend que son frère ait tout une autre humeur,
Madame; et le deslin vous fut bien favorable
En vous faisant tomber aux mains du raisonnable.
C'est un miracle encor qu'il ne m'ait aujourd'hui Enfermée à la clef, ou menée avec lui.
> vêtement qui remoiile au xiii» siècle. Il cnveloppnit et serrait le busle depuis le cou jusqu'à b coiiilure. Los élégants k- (ais'iciil faiip de peau de soiitt'iir et tiès-élioil. La \iiille cour les poilait longs et bien ouatés l)u latin barbare per piirictiim. étipll'c pii|uée.
2 Vêtement pour les ciii>scs, coninu' les bas-de-chausses, que 7iou« appeloi.» des bas, étaient le v>teuient des janilics. La vieille cour portait celle cnlotle trés-éiriiite; les jeunes couilisuus en faiiaient d>.-fi cotdlouî tfh-'.îîsc?, cnmnie dit Sg'jnareiie.
LISETTE
Ma foi, je l'envoierais * au diable avec sa fraise*, Et...
SGANAUELLE, heurté par Lisette.
OÙ donc allez-vous, qu'il ne vous en déplaisot
LÉONOR
Nous ne savons encore, et je pressois ma sœur De venir du beau temps respirer la douceur : Mais...
SGANAnELLE, à L^onor.
Pour vous, vous pouvez aller où b«n vous semble.
Montrant Lisette.
Vous n'avez qu'à courir, vous voilà deux ensemble.
A Isabelle.
Mais vous, je vous défends, s'il vous plaît, de sortir.
EhJ laissez-les, mon frère, aller se diveilir.
S6ANARELLE.
Je suis votre valet, mon frère.
ARISTE
La jeunesse Veut...
SGANARELLE
La jeunesse est sotte, et parfois la vieillesse.
ARISTE
Croyez-vous qu'elle est mal d'être avec Léonor?
SGANARELLE
Non pas ; mais avec moi je la crois mieux encor.
ARISTE
Mais...
SGANARELLE
Mais ses actions de moi doivent dépendrp, Et je sais l'intérêt enlin que j'y dois prendre.
' Prcnniicifltion populaire ot noii ortliaTiiti ,-.
» Oriiciiitiil uMi(? au xvi» siècle, et que les arriérés de rinieiriinr our •'obsliimient i ccmserver. La reine Éli«nl)clh en parlait d'iinmense' ; In IMe sortait de Ift comme du milieu d'uue vaste aiguiOrc faite (iViolfe plisséc, canuelée et U'èi>-empesée.