‹ Œuvres complètes de J.-B. Poquelin MolièreChapitre 5 sur 266 · ACTE I, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE

SGANARELLE

Quoi qu'il en soit, je suis attaché fortement

A ne démordre point de mon liatjillement.

Je veux une coiliure, en dépit de la mode,

Sous qui toute ma tête ait un abri commode,

Un bon pourpoint * bien long, et fermé comme il fa'.i.t,

Qui, pour bien digérer, tienne l'estomac chaud •,

Un liaut-de-chausàe ^ fait justement pour ma cuisse;

Des souliers où mes pieds ne soient point au supplice,

Ainsi qu'en ont usé sagement no? aïeux :

Et qui me trouve mal n'a qu'à fermer les yeux.

SCÈNE II. — LÉON, ISABELLE, LISETTE, ARISTE bt SGANARELLE, parlant bas ensemble, sur le devant du théâtre, tans être aperçus.

LÉONOR, k Isabelle.

Je me charge de tout, en cas que l'on vous gronde.

LISETTE, à Isabelle.

Toujours dans une chambre à ne point voir le monde ?

ISABELLE

II est ainsi bâti.

LÉONOR

Je vous en plains, ma sœur.

LISETTE, à Léonor.

Bien vous prend que son frère ait tout une autre humeur,

Madame; et le deslin vous fut bien favorable

En vous faisant tomber aux mains du raisonnable.

C'est un miracle encor qu'il ne m'ait aujourd'hui Enfermée à la clef, ou menée avec lui.

> vêtement qui remoiile au xiii» siècle. Il cnveloppnit et serrait le busle depuis le cou jusqu'à b coiiilure. Los élégants k- (ais'iciil faiip de peau de soiitt'iir et tiès-élioil. La \iiille cour les poilait longs et bien ouatés l)u latin barbare per piirictiim. étipll'c pii|uée.

2 Vêtement pour les ciii>scs, coninu' les bas-de-chausses, que 7iou« appeloi.» des bas, étaient le v>teuient des janilics. La vieille cour portait celle cnlotle trés-éiriiite; les jeunes couilisuus en faiiaient d>.-fi cotdlouî tfh-'.îîsc?, cnmnie dit Sg'jnareiie.

LISETTE

Ma foi, je l'envoierais * au diable avec sa fraise*, Et...

SGANAUELLE, heurté par Lisette.

OÙ donc allez-vous, qu'il ne vous en déplaisot

LÉONOR

Nous ne savons encore, et je pressois ma sœur De venir du beau temps respirer la douceur : Mais...

SGANAnELLE, à L^onor.

Pour vous, vous pouvez aller où b«n vous semble.

Montrant Lisette.

Vous n'avez qu'à courir, vous voilà deux ensemble.

A Isabelle.

Mais vous, je vous défends, s'il vous plaît, de sortir.

EhJ laissez-les, mon frère, aller se diveilir.

S6ANARELLE.

Je suis votre valet, mon frère.

ARISTE

La jeunesse Veut...

SGANARELLE

La jeunesse est sotte, et parfois la vieillesse.

ARISTE

Croyez-vous qu'elle est mal d'être avec Léonor?

SGANARELLE

Non pas ; mais avec moi je la crois mieux encor.

ARISTE

Mais...

SGANARELLE

Mais ses actions de moi doivent dépendrp, Et je sais l'intérêt enlin que j'y dois prendre.

' Prcnniicifltion populaire ot noii ortliaTiiti ,-.

» Oriiciiitiil uMi(? au xvi» siècle, et que les arriérés de rinieiriinr our •'obsliimient i ccmserver. La reine Éli«nl)clh en parlait d'iinmense' ; In IMe sortait de Ift comme du milieu d'uue vaste aiguiOrc faite (iViolfe plisséc, canuelée et U'èi>-empesée.

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