ACTE I, SCENE II U
AUSTE.
A cefles de sa s«Por ai-je an moindre intérél?
&GAXARELLE.
Xoo Dieu ! ducun raiioime et fait comme il lai plaiL Elles sont sans parens, et rotre ami leur père Nous commit leur conduite à son heure dernière; Et, noos chargeant tous deux, oa de les épouser. Ou, SOT notre refus, on jour d'en disposer, Sur eUes, par contrat, nous sut, dès leur oifence. Et de père et dëpous donner pleine paissance; Dèîever celle-là vous prîtes le soaci, Eî moi je me chargeai du ^in de celle-ci >eion vos volontés vous eouTemez la votre. Laissez-moi, je vous prie, à mon gré régir l'autre.
AIL15TK.
I! me sefflUa».
SGAKARKLLE.
H me semble, et je le dis tont haut, Que sur an tel sujet c'est parler comme U faut. Vous sooflfirez que la vôtre aille leste et pimf>ante, Je le veux bien : qu'elle ait et laquais et soixante, J'y consens : qu'elle coure, aime l'oisiveté, Eî soit des damois^iux fleunée mi liberté, j'en suis fort satisfit: mais j'entends que la mietne Vive à ma fantaisie, et non pas à la sienne ; Que d'une seree honnête elie ail son vêlement, El ne porte ie noir qu'aux bons jours seuleuient ; Qu'enfermée au logis, en personne bien sage. Elle s'applique toute aux choses du ménage, A recoudre mon linge aux heures de loisir. Ou 'oien à tricoter quelques bas par plaisir; Qu'aux discours des muguets elie ferme l'oreille, Et ne sorte jamais sans avoir qui la veille. Enfin la ch^îir est foible, et j'entends tous les bruits. Je ne veux point porter de cornes, si je puis; El. comme à m'épcuser sa fortune l'appelle, ie prétends, corps pour corps, pouvoir répondre d'elle.
12 L'IÎCOLE DES MARIS
ISABCLLB.
Vous n'avez pas sujet, que je ciois...
SGANAIIELLE.
Taisez-vou3.
Je vous apprendrai bien s'il faut sortir sans nous.
LÉONOR
Quoi donc, monsieur?
SGANARELLE
Mou Dieu ! inadamo. sans langage, Je ne vous parle pas, car vous êtes trop sage.
LKONOR.
Yoyez-vous Isabelle avec nous à regret?
SGANARILLE.
Oui, vous me la gâtez, puisquil aut piuler net.
Vos visites ici ne font que me déifiai e,
Et vous m'obligerez de ne nous en plus faire,
LÉONOR
Voulez-vous que mon cœur vous parle net aussi?
J'ignore de quel nil elle voit tout ceci ;
Mais je sais ce qu'en moi feroit la défiance,
Et, quoiqu'un même sang nous ait donné naissance,
Nous sommes bien peu sœurs, s'il faut que chaque jour
Vos manières d'agir lui donnent de l'amour.
LISKTTE.
En effet, tous ces soins sont des choses infâmes.
Sommes-nous chez les Turcs, pour renfermer les femmes?
Car on dit qu'on les tient esclaves en ce lieu,
Et que c'est pour cela qu'ils sont maudits de Dieu.
Notre honneîjr est, monsieur, bien sujet à foiblesse,
S'il faut qu'il ait besoin qu'on le garde sans cesse.
Pensez vous, après tout, que ces précautions
Servent de quelciue obstacle à nos intentions?
Et, quand nous nous mettons quelque chose à la {i\[<x
Que ri'omme le plus fin ne soit pas une bêle?
TuuU s ces gardes-là * sont visions de fous;
Le plus su'" est, ma foi, de se fier en nous;
1 Puur .- iiiétUoJc pour garder. llarJivssf expressive»