‹ Œuvres complètes de J.-B. Poquelin MolièreChapitre 50 sur 266 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

tCÈNE l. - ERASTE, LA MONTAGNE.

ÉRASTE

Sous quel astre, bon Dieu! faut-il que je sois né,

Pour être de fâcheux toujours assassiné?

Il semble que partout le sort me les adresse,

Et j'en vois chaque jour quelque nouvelle espèce;

Mais il n'est rien d'égal au fâcheux d'aujourd'hui •

J'ai cru n'être jamais débarrassé de lui,

Et cent fois j'ai maudit cette innocente envie

Qui m'a pris à dîner de voir la comédie,

Où, pensant m'égayer, j'ai misérablement

Trouvé de mes péchés le rude châtiment.

Il faut que je te la-se un récit de l'affaire.

Car je m'en sens encor tout ému de colère.

J'éiois sur le théâtre * en humeur d'écouter

La pièce, qu'à plusieurs j'avois ouï vanter;

Les acteurs commençoient, chacun prétoit silence;

Lorsque, d'un air bruyant et plein d'extravagance,

Un homme à grands canons est entré brusquement

En criant : — Holà! ho! un siège prom.ptement!

Et, de son grand fracas surprenant l'assemblée.

Dans le plus bel endroit a la pièce troublée.

Eh I mon Dieu! nos François, si souvent redressés,

Ne prendront-ils jamais un air de gens sensés,

Ai-jedit; et faut-il sur nos défauts extrêmes

Qu'en théâtre public nous nous jouions nous-mêmes,

Et confirmions ainsi, par des éclats de fous,

Ce que chez nos voisins on dit partout de nous?

* Les eiegsnts vciiai''iil y dtsli'r leurs grâces el «e «loniipr eux-'n^mcs en speclaric. loin en rcoulaiii les pièces ii<>uve les, .SJiukspeare, cuiimie Molière, )>'esl iiKiqué de o-iie coiilunu- si i;èiianle pou les act<'uit: elle n'a cessé en fr- uve qu'en 175^, epoifu. où M. de Lauraguals iiiileuinisi cea deruieis, Ci'J^quels il ini|iu^a ia condilion du siipprimor les p!«4«i du théàtie.

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