II
Je porte l'as de trèfle (admire mon malheur !),
L'as, le roi, le valet, le huit et dix de cœur,
Et quitte, comme au point alloit la politique.
Dame et roi de carreau, dix et dame de pique.
Sur mes cinq cœurs portés la dame arrive ciicor,
Qui me fait justement une quinte major ;
Mais mon honmie, avec l'as, non sans suiprise extrême,
Des bas carreaux sur table étale une sixième.
J'en avois écarté la dame avec le roi ;
Mais, lui failant un pic, je sortis hors d'eflfroi,
Et croyois bien du moins faire deux points uniques.
Avec les sept carreaux il avoit quatre piques,
Et, jetant le dernier, m'a rais dans l'embarras
De ne savoir lequel garder de mes deux as.
J'ai jeté l'as de cœur, avec raison, me semble ;
Mais il avoit quitté quatre trèfles ensemble,
Et par un six de cœur je me suis vu capot,
Sans pouvoir, de dépit, proférer un seul mot.
Morbleu 1 fais-moi raison de ce coup effroyable :
A moins que l'avoir vu, peut-il être croyable?
ÉRASTE
C'est dans le jeu qu'on voit les plus grands coups du sorto
ALCIPPE
Parbleu! tu jugeras toi-même si j'ai tort. Et si c'est sans raison que ce coup me transporte ; Car voici nos deux jeux, qu'exprès sur moi je porte. Tiens, c'est ici mon port 1, comme je te l'ai dit ; Et voici...
JÉRASTE.
J'ai compris le tout par ton récit.
Et vois de la justice au transport qui t'agite; Mais pour certaine aifaire il faut que je te quitte. Adieu. Console-toi pourtant de ton malheur.
ALCIPPE
Qui, moit J'aurai toujours ce coup-là sur le cœuf; ' oc «lui reste au joueur, après avoir écarlé. Tenue du jeu de iti<iuet.