‹ Œuvres complètes de J.-B. Poquelin MolièreChapitre 74 sur 266 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

» par une barbare, pernicieuse et détestable orthographe, » toute sorte de sens et raison, sans aucun é;ïard d'étymo- » logie, analogie, énergie, ni allégorie quelconque, au grand » scandale de la république des lettres et de la nation fran- » çoise, qui se décrie et déshonore, par lesdits abus el fautes ^ grossières envers les étrangers, et notamment envers les » Allemands, curieux lecteurs et inspecteurs des dites » inscriptions, o

ERASTE

Ce place*, est fort long, et pourrait bien fâcher...

CARITIDÈS.

Ah! monsieur, pas un mot ne s'en peut retrancher.

ÉRASTE

Achevez promptoment.

CARITIDÈS continue.

« Supplie humblement Votre Majesté de créer, pour le » bien de son État et la gloire de son empire, une charge » de contrôleur, intendant, correcteur, réviseur et restau- » rateur général desdites inscriptions, et d'icelle honorer le » suppliant, tant en considération de son rare et éminent » savoir que des grands et signalés services qu'il a rendus à » l'État et à Votre dite Majesté, en françois, latin, grec, » hébreu, syriaque, chaldéen, arabe... »

ÉRASTE, l'interrompant.

Fort bien. Donnez-le vile et faites la retraite : Il sera vu du roi ; c'est une affaire faite.

CARITIDÈS.

Hélas! monsieur, c'est tout que montrer mon placet.

Si le roi le peut voir, je suis sûr de mon fait ;

Car, comme sa justice en toute chose est grande,

Il ne pourra jamais refuser ma demande.

Au reste, pour porter au ciel votre renom,

Donnez-moi par écrit votre nom et surnom ;

J'en veux faire un poëme en forme d'acrostiche

Dan? les deux bouts du vers et dans chaque hémistiche *

• Le poète Neufgermain, à demi-fou, avait mis a la nio le ces puénlilés. Voyei Talleniant des Réaus.

ÉRASTE

Oui, VOUS l'aurez demain, monsieur Caritidès.

Seul.

Ma foi, de tels savans sont des ânes bien faits. J'aurois dans d'autres temps bien ri de sa sottis-?,

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