ACTE III, SCÈNE IV lOi
Et comme tou ami, quoi qu'il en réussisse *, Je te viens contre tous faire offre de service.
Je te suis obligé; mais crois que tu me fais...
FILINTE.
Tu ne l'avoueras pas : mais tu sors sans valets Demeure dans la ville, ou gagne la campagne, Tu n'iras nulle part que je ne t'accompagne.
ÉRASTE, à part.
Ah ! j'enrage I
FILINTE.
A quoi bon de te cacher de moi?
ÉRASTE
Je le jure, marquis, qu'où s'est moqué de toi.
FILINTE.
En vain tu t'en défends,
ÉRASTE
Que le ciel me foudroie, Si d'aucun démêlé...
FILINTE.
Tu penses qu'on te croie?
ÉRASTE
Eh! mon Dieu! je te dis, et ne déguise point. Que...
FILINTE.
Ne me crois pas dupe et crédule à ce point.
ÉRASTE
Veux-tu ra'obliger?
FILINTE.
Non.
ÉRASTE
Laisse-moi, je le piia.
FILINTE.
Point d'affaire, marquis.
' Pour ; qutl que soit le succès de l'afTaiie, quoi qu'il eu résulte. Esieii- •iuu du seus, d'au cmplui assez hardi.
ÉRASTE
Une galanterie En certain lieu ce soir...
FILINTE.
Je ne te quitte pas :
En quel lieu que ce soit, je veux suivre tes pas,
ÉRASTE
Parbleu I puisque tu veux que j'aie une querelle, Je consens à l'avoir pour contenter ton zèle; Ce sera contre toi, qui me fais enrager. Et dont je ne me puis par douceur dégager.
FILINTE.
C'est fort mal d'un ami recevoir le service ; Mais, puisque je vous rends un si mauvais office, Adieu. Videz sans moi tout ce que vous aurez.
ÉRASTE
Vous serez mon ami quand vous me quitterez.
Seul.
Mais voyez quels malheurs suivent ma destinée! Ils m'auront fait passer l'heure qu'on m'a donnée.