‹ Œuvres complètes de J. de La Bruyère (volume 2)Chapitre 61 sur 141 · L'homme ennuyé partout est partout ennuyeux · texte numérisé non relu

L'homme ennuyé partout est partout ennuyeux

(Gresset, le Méchant.)

mœurs , et par quelque diiïérence d'opinions sur les sciences : par là ou l'on s'affermit dans ses sentiments % ou l'on s'exerce et l'on s'instruit par la dispute.

[62] L'on ne peut aller loin dans l'amitié, si l'on n'est pas disposé à se pardonner les uns aux autres les petits défauts.

[63] Combien de belles et inutiles raisons à étaler à celui qui est dans une grande adversité, pour essayer de le rendre tranquille ! Les choses de dehors, qu'on appelle les événements, sont quelquefois plus fortes que la raison et que la nature. « Mangez, dormez, ne vous laissez point mourir de chagrin, songez à vivre : » harangues froides, et qui réduisent à l'impossible. « Ltes-vous raisonnable de vous tant inquiéter? » n'est-ce pas dire : « Étes-vous fou d'être malheureux? »

\^ [6!i] Le conseil, si nécessaire pour les affaires, est

quelquefois dans la société nuisible à qui le donne, et inutile à celui à qui il est donné. Sur les mœurs, vous faites remarquer des défauts ou que l'on n'avoue pas, ou que l'on estime des vertus; sur les ouvrages, vous rayez les endroits qui paroissent admirables à leur auteur, où il se complaît davantage, où il croit s'être surpassé lui-même. Vous perdez ainsi la confiance de vos amis, sans les avoir rendus ni meilleurs ni plus habiles.

[65] L'on a vu, il n'y a pas longtemps, un cercle de ^ personnes des deux sexes, liées ensemble par la conver-

" « Ou l'on s'affermit et l'on se complaît dans, etc. » (Édit. i"-!".)

sation et par un commerce d'esprits Ils laissoient au vulgaire l'art de parler d'une manière intelligible; une chose dite entre eux peu clairement en entraînoit une autre encore plus obscure, sur laquelle on enchérissoit par de vraies énigmes, toujours suivies de longs applaudissements: par tout ce qu'ils appeloient délicatesses, sentiments, tour, et finesse d'expression, ils étoient enfin parvenus à n'être plus entendus et à ne s'entendre pas eux-mêmes. 11 ne falloit, pour fournir à ces entretiens, ni bon sens, ni jugement, ni mémoire, ni la moindre capacité : il falloit de l'esprit, non pas du meilleur, mais de celui qui est faux, et où l'imagination a trop de part.

[66] Je le sais, Théohalde^-, vous êtes vieilli; mais

1. Allusion à la société de l'hôtel de Rambouillet et aux précieuses. On lit dans Saint-Évremond, le Cercle (1656) :

Dans un lieu plus secret on tient la précieuse.

Occupée aux leçons de morale amoureuse.

Là se font distinguer les fiertés des rigueurs,

Les dédains des mépris, les tourments des langueurs;

On y sait démêler la crainte et les alarmes,

Discerner les attraits, les appas et les charmes.

On y parle du temps qu'on forme le désir,

Mouvement incertain de peine et de plaisir ;

Des premiers maux d'amour on connoît la naissance,

On a de leurs progrès une entière science.

2. Pour Théobalde, les clefs désignent divers beaux esprits : Boursault, Benserade, Perrault, Thomas Corneille. L'abbé Trublet (^Mémoires sur Fontenelle, 1759) affirme que c'est Benserade : « C'est, dit-il, Benserade vieilli et très-ressemblant, malgré la charge ordinaire au peintre. » Le mot charge mis à part, l'avis de Trublet est généralement adopté aujourd'hui.— Une chanson du temps a du reste répété le jugement de La Bruyère et jusqu'au mot « vous êtes baissé » : Chansonnier Maurepas, t. VII, p. 137.

Touchant les vers de Benserade On a fort longtemps balancé Si c'est louange ou pasquinade.

Mais le bonhomme est fort baissé.

Il est passé.

io8

voudriez-vous que je crusse que vous êtes baissé, que vous n'êtes plus poëte ni bel esprit, que vous êtes présentement aussi mauvais juge de tout genre d'ouvrage que méchant auteur, que vous n'avez plus rien de naïf et de délicat dans la conversation? Votre air libre et présomptueux me rassure, et me persuade tout le contraire. Vous êtes donc aujourd'hui tout ce que vous fûtes jamais, et peut-être meilleur; car si à votre âge vous êtes si vif et si impétueux, quel nom, Théobalde, falloit-il vous donner dans votre jeunesse, et lorsque vous étiez la coqueluche ou l'entêtement de certaines femmes qui ne juroient que par vous et sur votre parole, qui disoient : Cela est délicieux -, qua-i-il dit ^?

[67] L'on parle impétueusement dans les entretiens, souvent par vanité ou par humeur, rarement avec assez d'attention : tout occupé du désir de répondre à ce qu'on n'écoute point ''*, l'on suit ses idées, et on les explique sans

" Édition 6^

^ « A ce que l'on ne se donne pas même la peine d'écouter. (Édit. l'"'^-4''.)

II est passé, Que l'on lui chante en sérénade :

Requiescat in pace!

Benserade mourut en effet quelques mois après la publication de ce passage (6' édit. des Caractères, 1691), à l'âge de 78 ans. — Depuis, dans la préface du Discours à l'Académie (1693), La Bruyère a appelé ses détracteurs des Théobaldes, sans doute en souvenir de l'opposition qu'il avait rencontrée en Benserade, lors de sa candidature à l'Académie.

1. « Une des choses qui fait que l'on trouve si peu de gens qui paroisscnt raisonnables et agréables dans la conversation, c'est qu'il n'y a presque personne qui ne pense plutôt à ce qu'il veut dire qu'à répondre précisément à ce qu'on lui dit. Les plus habiles et les plus complaisants se contentent de montrer seulement une mine attentive, au même temps que l'on voit dans leurs yeux et dans leur esprit un égarement pour ce qu'on leur dit, et une précipitation pour retourner à ce qu'ils veulent dire. » (La Rochefoucauld, Maxime cxxxix.)

le moindre égard pour les raisonnements d'autrui ; l'on est bien éloigné de trouver ensemble la vérité, l'on n'est pas encore convenu de celle que l'on cherche. Qui pourroit écouter ces sortes de conversations et les écrire, feroit voir quelquefois de bonnes choses qui n'ont nulle suite.

[68] Il a régné pendant quelque temps une sorte de conversation fade et puérile , qui rouloit toute sur des questions frivoles qui avoient relation au cœur et à ce qu'on appelle passion ou tendresse. La lecture de quelques romans les avoit introduites parmi les plus honnêtes gens de la ville et de la cour; ils s'en sont défaits, et la bourgeoisie les a reçues avec les pointes et les équivoques.

[69] Quelques femmes de la ville ont la délicatesse de ne pas savoir ou de n'oser dire le nom des rues, des places, et de quelques endroits publics, qu'elles ne croient pas assez nobles pour être connus. Elles disent : le Louvre, la place Royale, mais elles usent de tours et de phrases plutôt que de prononcer de certains noms; et s'ils leur échappent, c'est du moins avec quelque altération du mot, et après quelques façons qui les rassurent : en cela moins naturelles que les femmes de la cour, qui ayant besoin dans le discours des Halles, du Châtelet, ou de choses semblables, disent : les Halles, le CMtelet =■.

[70] Si l'on feint quelquefois de ne se pas souvenir de certains noms que l'on croit obscurs, et si l'on affecte de les corrompre en les prononçant, c'est par la bonne opinion qu'on a du sien '\

» Édition 4^

^ « On feint de ne pas se souvenir de quelques noms que l'on croit

171] L'on dit |)ar belle humeur, et dans la liberté de la conversation, de ces choses froides, qu'à la vérité l'on donne pour telles, et que l'on ne trouve bonnes que parce qu'elles sont extrêmement mauvaises ^ Cette manière basse de plaisanter a passé du peuple, à qui elle appartient, jusque dans une grande partie de la jeunesse de la cour, qu'elle a déjà infectée. Il est vrai qu'il y entre trop de fadeur et de grossièreté pour devoir craindre qu'elle s'étende plus loin, et qu'elle fasse de plus grands progrès dans un pays qui est le centre du bon goût et de la politesse. L'on doit cependant en inspirer le dégoût à ceux qui la pratiquent ; car bien que ce ne soit jamais sérieusement, elle ne laisse pas de tenir la place, dans leur esprit et dans le commerce ordinaire, de quelque chose de meilleur.

[72] Entre dire de mauvaises choses, ou en dire de bonnes que tout le monde sait et les donner pour nouvelles, je n'ai pas à choisira

obscurs, et on affecte de les corrompre en les prononçant, par la bonne opinion que l'on a du sien. » (Édit. 4^ — Cet alinéa a paru pour la première fois dans cette édition.)

1. Par ces choses froides, La Bruyère fait sans doute allusion aux équivoques, comme il a dit au n° 68, aux jeux de mots dont se plaint Molière dans la Critique de l'École des femmes, à ce que l'on appelait, du nom d'un farceur du temps, des turlupinades, à ce que l'on a appelé depuis des calembours. C'est le travers dont se plaint Boileau {Art poétique, U, 117) :

On vit tous les bergers, dans leurs plaintes nouvelles,

Fidèles à la pointe encor plus qu'à leurs belles ;

Chaque mot eut toujours deux visages divers :

La prose la reçut aussi bien que le vers;

L'avocat au palais en hérissa son style.

Et le docteur en chaire en sema l'Èvangilc.

La raison outragée enfin ouvrit les yeux.

Toutefois à la cour les twiupins restèrent.

[73] « Lucain a dit une jolie chose... Il y a un beau mot de Claudien... Il y a cet endroit de Sénèque; » et là-dessus une longue suite de latin , que l'on cite souvent devant des gens qui ne l'entendent pas, et qui feignent de l'entendre. Le secret seroit d'avoir un grand sens et bien de l'esprit; car ou l'on se passeroit des anciens, ou, après les avoir lus avec soin, l'on sauroit encore choisir les meilleurs et les citer à propos.

[7!i] Hermagoras * ne sait pas qui est roi de Hongrie ; il s'étonne de n'entendre faire aucune mention du roi de Bohême-, ne lui parlez pas des guerres de Flandre et de Hollande % dispensez-le du moins de vous répondre : il confond les temps, il ignore quand elles ont commencé, quand elles ont fini; combats, sièges, tout lui est nouveau; mais il est instruit de la guerre des géants, il en raconte le progrès et les moindres détails, rien ne lui est échappé ; il débrouille de même l'horrible chaos ^ des deux empires, le Babylonien et l'Assyrien; il connoît à fond les Égyptiens et leurs dynasties. Il n'a jamais vu Versailles^,

* Éditions originales : « cahos. »

•^ u II n'a jamais vu Versailles, oui Versailles. » (Édit. 5''-6"'.)

1. Hermagoras, selon toutes les clefs, est le P. Paul Perron, bénédictin, auteur de VAntiquité des temps rétablie et défendue contre les juifs et les nouveaux chronologistes (1677). Mais il est plus que douteux que La Bruyère ait ici en vue un homme d'église et un véritable savant.

2. En d'autres termes, il croit qu'il y a encore un roj'aume de Bohême indépendant : la Bohême appartenait, comme la Hougrie, à la maison d'Autriche depuis 1525, époque où le frère de Charles-Quint, l'archiduc d'Autriche (depuis empereur sous le nom de Ferdinand l"), devint roi de Bohême et de Hongrie après la mort de son beau-frère, le roi Louis.

3. C'est-à-dire de faits tout à fait contemporains. Ces guerres, suspendues par la paix de Nimègue (1678), venaient d'être reprises et duraient encore au moment où fut écrit ce passage (Édit. o').

il ne le verra point : il a presque vu la tour de Babel, il en compte les degrés, il sait combien d'architectes ont présidé à cet ouvrage, il sait le nom des architectes. Dirai-je qu'il croit Henry IV-' fils de Henry HI''? H néglige du moins de rien connoître aux maisons de France, d'Autriche et de Bavière : « Quelles minuties! » dit-il; pendant qu'il récite de mémoire toute une liste des rois des Mèdes ou de Babylone, et que les noms d'Apronal, d'Hérigebal, de Noesnemordach , de Mardokempad, lui sont aussi familiers qu'à nous ceux de Valois et de Bourbon. Il demande si l'empereur a jamais été marié ; mais personne ne lui apprendra que Ninus a eu deux femmes. On lui dit que le Roi jouit d'une santé parfaite ; et il se souvient que Thetmosis, un roi d'Egypte, était valétudinaire, et qu'il tenoit cette complexion de son aïeul Alipharmutosis. Que ne sait-il point? Quelle chose lui est cachée de la vénérable antiquité? Il vous dira que Sémiramis, ou, selon quelques-uns, Sérimaris, parloit comme son fils Ninyas, qu'on ne les distinguoit pas à la parole : si c'étoit parce que la mère avoit une voix mâle comme son fils, ou le fils une voix efféminée comme sa mère, qu'il n'ose pas le décider. 11 vous révélera que Nembrot étoit gaucher, et Sésostris ambidextre; que c'est une erreur de s'imaginer qu'un Artaxerxe ait été appelé Longuemain parce que les bras lui tomboient jusqu'aux genoux, et non à cause qu'il avoit une main plus longue que l'autre; et il ajoute qu'il y a des auteurs graves qui affirment que c'étoit la droite, qu'il croit néanmoins être bien fondé à soutenir que c'est la gauche =.

» Henry le Grand. {Noie de La Bruyère.) ^ « Fils d'Henry HI. » (Édit. 5'-8' .) " Édition b".

[75] Ascagne est statuaire, Hégion fondeur, vEschine foulon, et Cydias ^ bel esprit, c'est sa profession. Il a une enseigne, un atelier, des ouvrages de commande % et des compagnons qui travaillent sous lui : il ne vous sauroit rendre de plus d'un mois les stances qu'il vous a promises, s'il ne manque de parole à Dosifhée, qui l'a engagé à faire une élégie ; une idylle est sur le métier, c'est pour Crantor, qui le presse, et qui lui laisse espérer un riche salaire. Prose, vers, que voulez-vous? Il réussit également en l'un et en l'autre. Demandez-lui des lettres de consolation, ou sur une absence, il les entreprendra; prenez-les toutes

1. Inutile d'insister sur l'erreur de toutes les clefs, qui désignent ici Perrault. L'abbé Trublet (et son avis est aujourd'hui accepté de tout le monde) voit en Cydias Fontenelle {Mémoires sur la vie et les ouvrages de Fontenelle) ; « la charge, dit-il, pour être forte, n'en ôte pas la ressemblance. » Il ajoute que « c'est vraisemblablement d'après ce portrait que J.-B. Rousseau fit son épigramme. » Voici cette épigramme :

Depuis trente ans un vieux berger normand Aux beaux esprits s'est donné pour modèle; Il leur enseigne à traiter galamment Les grands sujets en style de ruelle.

Ce n'est pas tout : chez l'espèce femelle Il brille encor, malgré son poil grison ; Il n'est caillette en honnête maison Qui ne se pâme à sa douce faconde.

En vérité caillettes ont raison :

C'est le pédant le plus joli du monde.

Une chose nécessaire à remarquer pour expliquer la différence entre Cydias et le Fontenelle que nous connaissons, plus indifférent et sceptique que contradicteur, c'est que Fontenelle, au moment où le portrait de Cydias a été publié (1694), n'avait que trente-sept ans.

2. C'est ainsi que Fontenelle fit pour Th. Corneille une partie de Psyché (1768) et de Dellérophon (1679); pour Donneau de Visé la Comète^ comédie (1681); pour Beauval, VÉloge de Perrault, dans l'Histoire des ouvrages des Savants (1688); pour Catherine Bernard une partie de la tragédie de Brutus (1691), et, même après la publication de ce caractère, où il put se reconnaître (1694), un Discours pour le prix d'éloquence de l'Académie française, sous le nom de son ami Brunel (1695); la Préface de l'Analyse des infiniment petits, du marquis de l'Hôpital (1696), etc., etc.

ici DE LA SOCIÉTÉ

faites et entrez dans son magasin, il y a à choisir. Il a un ami qui n'a point d'autre fonction sur la terre que de le promettre longtemps à un certain monde, et de le présenter enfin dans les maisons comme homme rare et d'une exquise conversation ; et là, ainsi que le musicien chante et que le joueur de luth touche son luth devant les personnes à qui il a été promis, Cydias, après avoir toussé, relevé sa manchette, étendu la main et ouvert les doigts, débite gravement ses pensées quintessenciées et ses raisonnements sophistiqués ^ Différent de ceux qui, convenant de principes, et connoissant la raison ou la vérité qui est une, s'arrachent la parole l'un à l'autre pour s'accorder sur leurs sentiments, il n'ouvre la bouche que pour contredire : « Il me semble, dit-il gracieusement, que c'est tout le contraire de ce que vous dites ; » ou : « Je ne saurois être de votre opinion ; » ou bien : a C'a été autrefois mon entêtement, comme il est le vôtre, mais... Il y a trois

choses, ajoute-t-il, à considérer » et il en ajoute une

quatrième : fade discoureur, qui n'a pas mis plus tôt le pied dans une assemblée , qu'il cherche quelques femmes auprès de qui il puisse s'insinuer-, se parer de son bel esprit ou de sa philosophie, et mettre en œuvre ses rares conceptions; car soit qu'il parle ou qu'il écrive, il ne doit pas être soupçonné d'avoir en vue ni le vrai ni le faux, ni

1. Paix là! J'entends Pimprenelle {Fontenelle) Qui, géométriquement,

Par maint beau raisonnement, Fait, à la pointe fidèle, Le procès au sentiment.

(Chadlieu).

2. <! On a dit qu'il parloit volontiers de philosophie aux jolies femmes. Oui, pourvu qu'elles eussent de l'esprit. » (Trublet, Mémoires sur Fontenelle.)

Je raisonnable ni le ridicule : il évite uniquement de donner dans le sens des autres, et d'être de l'avis de quelqu'un ^ ; aussi attend-il dans un cercle que cnacun se soit expliqué sur le sujet qui s'est oiTert, ou souvent qu'il a amené lui-même, pour dire dogmatiquement des choses toutes nouvelles, mais à son gré décisives et sans réplique. Cydias s'égale à Lucien et à Sénèque -, se met au-dessus de Platon, de Virgile et de Tliéocrite'; et son flatteur a soin de le confirme]* tous les matins dans cette opinion. Uni de goût et d'intérêt avec les contempteurs d'Homère*, il attend paisiblement que les hommes détrompés lui préfèrent les poètes modernes : il se met en ce cas à la tête de ces derniers, et il sait à qui il adjuge la seconde placer C'est en un mot un composé du pédant et du précieux , fait pour être admiré de la bourgeoisie et de la province, en qui néanmoins on n'aperçoit rien de grand que l'opinion qu'il a de lui-même *.

[76] C'est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique''. Celui qui ne sait rien croit enseigner aux autres

« Edition 8^

'' « Qui inspire ordinairement le ton dogmatique. » (Édit. l'*-6*.)

1. II prend toujours en main l'opinion contraire, Et penseroit paroître un homme du commun, Si l'on voyoit qu'il fût de l'avis de quelqu'un.

(Molière, le Misanthrope, acte II, scène iv.)

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