Ce sont deux crus de Champagne
2. Sylvain, selon toutes les clefs, c'est le partisan Georges; il s'était enrichi sous Fouquet, avait acheté le marquisat d'Entragues et épousé la fille du marquis de Valençay, qui paraît être Cléobule. On se souvient des vers de Boileau {Satire I) :
Que George vive ici , puisque George y sait vivre, Qu'un million comptant , par ses fourbes acquis, De clerc, jadis laquais, a fait comte et marquis.
3. La taille, « grande imposition qu'on fait tous les ans de la part du roi sur le peuple et les roturiers pour soutenir les charges de l'État. Les nobles, les ecclésiastiques et les officiers du roi sont exempts de la taille. » (Furetièrc, Dictionn.).
4. Quelques clefs désignent M. de Guénégaud; d'autres, un certain Dacquin : suppositions peu justifiées, car ni l'un ni [l'autre n'étaient de famille basse et pauvre.
triompher de la bassesse et de la pauvreté de son père Sanga \
[21] On ne peut mieux user de sa fortune que fait Périandre^ : elle lui donne du rang, du crédit, de l'autorité; déjà on ne le prie plus d'accorder son amitié, on implore sa protection. Il a commencé par dire de soi-même : lui homme de ma sorte ; il passe à dire : un homme de ma qualité', il se donne pour tel, et il n'y a personne de ceux à qui il prête de l'argent, ou qu'il reçoit à sa table, qui est délicate, qui veuille s'y opposer. Sa demeure est superbe : un dorique règne dans tous ses dehors; ce n'est pas une porte, c'est un portique : est-ce la maison d'un particulier? est-ce un temple? le peuple s'y trompe. Il est le seigneur dominant de tout le quartier. C'est lui que l'on envie, et dont on voudroit voir la chute ; c'est lui dont la femme, par son collier de perles, s'est fait des ennemies de toutes les dames du voisinage. Tout se soutient dans cet homme; rien encore ne se dément dans cette grandeur'' qu'il a acquise, dont il ne doit rien, qu'il a payée. Que son père, si vieux et si caduc, n'est-il mort il y a vingt ans et avant qu'il se fit dans le monde aucune mention de Périandre! Gomment pourra-t-il soutenir ces
» Édition 4<'.
^ « De cette grandeur. » (Édit. 5' et 6*^
1. Périandre, selon quelques clefs, est M. de Lenglée, « maréchal des ■ camps et armées du Roi; » selon d'autres, c'est M. Pussort, conseiller d'État, oncle de Colbert. Mais le premier n'était pas marié, et son père était riche (voyez Saint-Simon, t. II). Le second était également célibataire ; il était fort avare, et c'était moins à la richesse qu'il devait son importance qu'à sa position de conseiller d'État (Voy. Saint-Simon, t. I; Legondre, Mémoires, liv. III).
odieuses pancartes* qui déchiffrent les conditions, et qui souvent font rougir la veuve et les héritiers? Les suppriniera-t-il aux yeux de toute une ville jalouse, maligne, clairvoyante, et aux dépens de mille gens qui veulent absolument aller tenir leur rang à des obsèques? Veut-on d'ailleurs qu'il fasse de son père un Noble homme^ et peutêtre un Honorable homme, lui qui est Messire'-?
[22] Combien d'hommes^ ressemblent à ces arbres déjà forts et avancés que l'on transplante dans les jardins, où ils surprennent les yeux de ceux qui les voient placés dans de beaux endroits où ils ne les ont point vus^ croître, et qui ne connoissent ni leurs commencements ni leurs progrès!
[23] Si certains morts revenoient au monde, et s'ils voyoient leurs grands noms portés, et leurs terres les mieux titrées, avec leurs châteaux et leurs maisons antiques, possédées par des gens dont les pères étoient peutêtre leurs métayers, quelle opinion pourroient-ils avoir de notre siècle?
[2/i] Rien ne fait mieux comprendre le peu de chose que Dieu croit donner aux hommes, en leur abandonnant les richesses, l'argent, les grands établissements et les autres
" Edition 5«.
*' M Vu croître, » orihograplie de toutes les éditions manuscrites.
1. Billets d'enterrements. {Note de La Bruyère, ajoutée dans la S" édition.)
2. Le premier de ces titres était pris par les gros bourgeois, dans les contrats; les petits bourgeois s'attribuaient le deuxième; le troisième désignait les gens de qualité.