Voyez le Lexique
4. Les vaudevilles, c'est-à-dire les chansons (sens primitif du mot), et en particulier ici les chansons satiriques.
x\près avoir parlé de la satire, Boileau dit :
D'un trait de ce poëme, en bons mots si fertile, Le François, né malin, créa le vaudeville;
Youdroit-on le comparer au dépositaire qui trahit le dépôt, à un domestique qui vole l'argent que son maître lui envoie porter^? On auroit tort : y a-t-il de l'infamie à ne pas faire une libéralité, et à conserver pour soi ce qui est à soi? Etrange embarras, horrible poids que le fidéicommis ! Si par la révérence des lois on se l'approprie, il ne faut plus passer pour homme de bien; si par le respect d'un ami mort l'on suit ses intentions en le rendant à sa veuve, on est confidentiaire S on blesse la loi. — Elle cadre donc bien mal avec l'opinion des hommes? — Gela peut être ; et il ne me convient pas de dire ici : « La loi pèche, )) ni : a Les hommes se trompent^. »
[61] J'entends dire de quelques particuliers ou de quelques compagnies : a Tel et tel corps se contestent l'un à l'autre la préséance ; le mortier - et la pairie se disputent le pas. » 11 me paroît que celui des deux qui évite de se rencontrer aux assemblées est celui qui cède, et qui sentant son foible, juge lui-même en faveur de son concurrents
^ u Porter à un créancier. » (Édit. 5*^-0^.)
■^ Cet alinéa et les trois précédents sont de la 5^ édition.
c Édition S^-
Agréable indiscret, qui, conduit par le chant, Passe de bouche en bouche et s'accroît en marchant.
M. Armand Gasté a donné d'intéressantes études sur les origines du vaudeville ou vau-de-vire. {Étude sur Olivier Basselin et les compagnons du Vau-de-Vire ; les Noëls virais, par Jean Le Uoux; Chansons normandes du xv^ siècle, etc. Caen, 1862, 1866.)
1. « Confidentiaire, celui qui prête son nom pour posséder le titre d'un bénéfice, et en laisser le revenu à un autre. » (Furetière, Dictionnaire.)
2. Les présidents à mortier près le Parlement, en l'absence du roi, prétendaient le représenter, et, comme tels, avoir la préséance sur tous les simples particuliers.
[62] Typhon fournit un grand de chiens et de chevaux; que ne lui fournit-il point? Sa protection le rend audacieux ; il est impunément dans sa province tout ce qu'il lui plaît d'être*, assassin, parjure; il brûle ses voisins, et il n'a pas besoin d'asile. 11 faut enfm que le Prince se mêle lui-même de sa punition ^ ^ .
[63] Ragoûts^ liqueurs^ entrées^ entremets , tous mots qui devroient être barbares et inintelligibles en notre langue ; et s'il est vrai qu'ils ne devroient pas être d'usage en pleine paix, où ils ne servent qu'à entretenir le luxe et la gourmandise, comment peuvent-ils être entendus dans le temps de la guerre et d'une misère publique, à la vue de l'ennemi, à la veille d'un combat, pendant un siège? Où est-il parlé de la table de Scipion ou de celle de Marius? Ai-je lu quelque part que Miltiade^ quÉpaminondas^ qiïAgésilas aient fait une chère délicate? Je voudrois qu'on ne fît mention de la délicatesse, de la propreté et de la somptuosité des généraux, qu'après n'avoir plus rien à dire sur leur sujet, et s'être épuisé sur les circonstances d'une bataille gagnée et d'une ville prise; j'aimerois même qu'ils voulussent se priver de cet éloge '^^
■^ On lit, dans la 8^ et la 9^ édition, sans doute par une faute d'impression : u tout ce qui lui plaît d'être. » ^ Édition 4^ c Édition 6^