DES DIVERS ORDRES, T1T. IX, SECT. III. 20J
leurs ordres sacrés, de prêtres, diacres, soudiacres, et les autres ordres, ou selon leurs ministères de pasteurs, archidiacres, doyens ruraux, cinés, ou selon les diverses qualités de leurs bénéfices, soi! séculiers, comme chanoines de la plupart des églises cathédrales et des enlises collégiales, on réguliers comme abbés, chefs d'ordres, abbés claustraux, prieurs et antres, et quelques chapitres, on tenus en commande, comme abbés, prieurs et autres commandataires. Et en général chacun a son rang par celui de son ministère, de son ordre, de son bénélice, sans aucun égard aux qualités personnelles. Car, comme toutes les places des ecclésiastiques et les honneurs qui v sont attachés, ont leur rapport unique et précis à des fonctions spirituelles, c'est par les différences de leurs ministères et de ces fonctions qu'ils sont distingués dans un ordre dont on ne doit pas expliquer le détail ici, où il suffit de remarquer qu'entre ecclésiastiques qui composent un corps où ils exercent les mêmes fonctions, comme dans un chapitre, ceux qui y remplissent ces premières places qu'on appelle dignités, y sont les premiers, et que les autres, comme les chanoines, v ont leur rang, du jour qu'ils ont été mis en possession.
47. Pour les rangs des ecclésiastiques et laïques, il faut distinguer les occasions où les ecclésiastiques exercent des fonctions de leur ministère, de celles où il ne s'agit pas de ces fonctions; car ces deux cas ont leurs différentes règles qui seront expliquées dans les trois articles qui suivent.
48. Dans tous les cas où les ecclésiastiques exercent les fonctions spirituelles de leur ministère, comme pour le service divin dans les églises, pour l'administration des sacremens, soit dans les églises ou en d'autres lieux, pour des processions et autres occasions semblables, tous les ecclésiastiques sans distinction des moindres, ont leur rang au-dessus de tous les laïques, dont les premiers doivent aux moindres fonctions spirituelles t\n trèsgrand respect. Et quoiqu'on voie dans les églises cathédrales et collégiales, et aussi en d'autres, que pendant le divin service, on accorde à des officiers laïques ou à d'autres personnes, comme à des fondateurs, de certaines places entre les chanoines ou autres ecclésiastiques, ils occupent ces places sans aucune fonction du divin service, et sans v avoir plus de part que n'en a le commun du peuple. Mais ces places leur sont accordées par grâce pour des considérations que l'ordre public et l'intérêt de l'église rendent favorables, et d'une manière qui, ne donnant aux laïques aucun rang dans l'ordre spirituel, ne leur donne pas aussi de préséance sur ceux de cet ordre, et ne fait aucun changement à leur dignité.
'i;y. Dans les cas ou il ne s'agit pas du divin service, ni de fonctions spirituelles, et où il arrive qu'il faut régler les rangs entre ecclésiastiques et laïques, il faut encore distinguer les occasions
où les ecclésiastiques et les laïques se trouvent dans un même corps pour y exercer les mêmes fonctions, et celles où ils n'ont lien de commun ensemble. Ainsi, par exemple, les ecclésiastiques qui sont conseillers d'église, qu'on appelle autrement conseillers clercs dans une compagnie de justice, comme dans un parlement ou dans un présidial, comme ils exercent les mêmes fonctions que les conseillers laïques qu'on appelle autrement conseillers lais, ils n'y ont leur rang que comme les autres, selon l'ordre de leurs réceptions, parce qu'ils ont tous dans ces tribunaux les mêmes fonctions et la même dignité et autorité. Mais, dans les autres occasions où il n'y a point de fonctions communes aux ecclésiastiques et aux laïques, et où il ne s'agit pas du ministère ecclésiastique, les rangs sont différens selon la règle qui sera expliquée dans l'article qui suit.
5o. Dans les occasions où les ecclésiastiques se trouvent avec des laïques, soit fortuitement, comme dans les simples rencontres d'une entrée ou sortie, ou autres semblables, ou qu'ils soient appelés à quelque assemblée de cérémonie où il ne s'agisse pas du ministère ecclésiastique, les ecclésiastiques ont différemment leur rang selon leurs qualités et celles des laïques avec qui ils se rencontrent. Car comme dans ces cas il ne s'agit point de la dignité des fonctions spirituelles, et qu'en toutes occasions, la dignité qui donne un rang dans le public , doit se régler sur les qualités à qui il est de l'ordre public qu'on rende un plus grand respect, plusieurs qualités de laïques demandent un bien plus grand respect que celui qu'on doit à plusieurs ecclésiastiques hors leur ministère, et parce que les combinaisons de ce concours d'ecclésiastiques et de laïques sont infinies selon les différences des qualités des uns et des autres, les règles de leurs rangs dans ces sortes d'occasions se diversifient; ce qui fait un détail qu'il serait inutile et incommode d'expliquer ici.
Remarque sur les titres suivons.
Après avoir expliqué dans le titre précédent les divers ordres de personnes qui composent un état, et fait comme un plan des espèces générales des conditions et professions, il est. de l'ordre de venir en particulier à chacune de ces espèces, pour y considérer les distinctions de leurs classes qui sont comme des espèces particulières, et d'expliquer les fonctions et les devoirs propres à chacune, et c'est ce qui fera la matière des titres suivans. Mais comme on a été obligé, par d'autres vues de l'ordre, de traiter de quelques-unes de ces espèces générales et de leurs classes en d'autres lieux, et d'y expliquer les fonctions et devoirs des personnes qui les composent, on n'a pas dû répéter ici ce qu'il a été nécessaire de placer ailleurs. Ainsi, comme on a dû expliquer