‹ Œuvres complétés de J. Domat (volume 2)Chapitre 76 sur 152 · II UROlï PUB1/1C, L1V. I · texte numérisé non relu

II UROlï PUB1/1C, L1V. I

la même que telle 3e la vie et du vêlement On ne fera qu'une simple réflexion sur la différence entre ces deux professions ej

toutes les autres, et qui semble avoir été la cause des deux avantages singuliers que Dieu a voulu attache!' à l'une et à l'autre. L'un, qu'elles sont de toutes les professions les |>lus nécessaires-, les plus naturelles, et d'un usage plus universel pour le genre humain; et l'autre, qui est une suite de ce premier, qu'elles sont plus éloignées et plus dégagées des occasions qui excitent les passions le* plus dangereuses, et qui troublent le plus la tranquillité. De sorte que, si ceux qui sont occupes à ces travaux avaient lé bonheur d'être assez instruits de la religion pour en joindre l'esprit à ces avantages, ils embrasseraient leur condition comme l'une des plus heureuses, au lieu que la plupart d'entre eux l'estiment très-dure.

Il y a cela de commun à tous les emplois qui occupent les hommes, et composent Tordre de leur société, qu'ils se rapportent tous à un bien public par ce principe de l'ordre de Dieu, qui, pour lier les hommes entre eux, rend nécessaires à tous les divers travaux, qu'il partage à chacun pour son usage et pour celui fies autres. Mais de tous les travaux, il n'y en a aucun dont, l'usage ait une étendue pareille à celle de l'agriculture et du soin des bestiaux, et dont il fut moins possible de se passer. Ainsi, aucun ne regarde autant le public, ni pour des usages aussi nécessaires, puisqu'il n'v a personne au monde qui puisse subsister sans le secours de ces deux professions; de sorte que, par cette raison , elles sont comme un premier fondement ou élément de la vie des hommes.

Comme on ne doit pas expliquer dans ce livre les règles qui regardent en détail l'exercice de l'agriculture et du soin des bestiaux, non plus que celles des autres arts et métiers . et qu'on ne considère ici en chacun que son rapport au public, et en général son usage dans la société, on expliquera seulement dans ce titre, i\v\\\ sortes de règles sur cette matière; l'une, de celles qni regardent cet usage et ce rapport à l'ordre public, et ce sera la matière de la première section ; et la seconde sera des devoirs de ces deux professions par rapport à cet ordre.

SECTION PREMIÈRE

De l'usage de l'agriculture et du soin des bestiaux, par rapport

ii l'ordre public i .

i. On appelle agriculture, l'art de cultiver l.i terre pour en tirer toutes les diverses sortes de choses qu'elle peut produire, et surtout ce qui peut servira la nourriture de l'homme, comme

U faut voir sur la mqticre île rcl,< sect., la s< vX. i ilu lit. 7.

DES AKTs ].T MÉTIERS, TIT. \I\, SECT. II. J !\'\

lés, les fruits et autres espèces; on a son vêtement, comme le chanvre, le lin, le coton, et toutes autres choses.

2. Parle soin des bestiaux, on entend ici le ménagement de «s sortes d'animaux qui servent à l'agriculture et à l'engrais des

terres, et aussi a la nourriture et au vêtement de l'homme , comme les bœufs, les moutons, les chevaux et autres, qui servent différemment, les uns à tous ces usages, et d'autres à uni- partie.

3. L'agriculture et le soin de ces bestiaux, sont des travaux qui, tle leur nature, se rapportent au public ; car le travail de chacun de ceux qui s'occupent à l'un ou à l'autre, n'est pas borné à leur usage particulier, mais le travail d'un seul suffit à plusieurs, et l'un et l'autre sont essentiels à la vie de l'homme. \insi ces deux professions sont de la première nécessité et

utilité dans la société des hommes.

i. Pour le bon usage de l'agriculture, il est important au bien d'un état, aussi bien que pour l'intérêt de- particuliers propriétaires des héritages , qu'on y cultive ce que la terre peut produire de plus nécessaire et de plus utile , soit des espèces qui se consomment pour la nourriture et le vêtement, ou d'autres dont on peut faire des commerces plus avantageux, soit dans l'état même, ou chez les étrangers ; et il est de la police d'y veiller selon le besoin.

5. Il en est de même du soin des bestiaux qu'on doit proportionner à la qualité du pays, pour y élever ceux qui peuvent y mieux réussir, et dont on peut tirer de plus grands profits.

SECTION II

Des devoirs de ceux ijiu sont employés à r apiculture et au, soin des bestiaux.

i. Ceux qui n'exercent l'agriculture que pour leur usage dans leurs propres fonds, ne laissent pas d'être obligés envers le public de les cultiver, non-seulement par cette raison générale que le public a intérêt que chacun fasse un bon usage de ce qui est à lui i , mais aussi par la considération de la conséquence de l'agriculture et de la nécessite de tirer de la terre la vie des hommes. Ainsi, la police pourrait obliger le- propriétaires des héritages de la campagne à les cultiver, et à leur défaut y pourvoir par d'autres, et par la considération d'en tirer les Bruits, et encore par la raison d'aider a porter les, contributions aux deniers publics (2).

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