ACTE III, SCENE L ao
manque de raison '^ et que le manque de raison est le caractère de la bt^te ?
ARLEQDIir.
Je n'ai qu'un mot.
LE norrcuR.
Qui ne sait que volât irrtvocnbile verbum ? qu'on ne se repent jamais de se taire , et qu'un s'est repenti souvent d'avoir parlé? Ignorez-vous que la nature a donné à l'homme deux pieds pour marcher , deux brns pour agir , deux narines pour sentir, et qu'elle ne lui a donné qu'une langue pour parler ?
ARLSQUIir.
Je dis donc...
LI DOCTEUR
Pythagore Siisoit observer le silence à ses disciples pendant sept années*
▲ RLRQUIV. «
Je le crois.
LB DOCTEUR
Selon avoit coutume de dire qu'un homme qui parle beaucoup est semblable à un tonneau vide, qui fait plus de bruit qu'un plein.
▲ RLEQUIV.
Cela est beau.
LE DOCTEUR
Bias, qu'un grand parleur n'étoit autre chose <{u'une forteresse sans murailles , une ville sans porte, et un vaisseau sans gouvernail.
ARLEQUIN. '
Vous saurez donc...
ao4 L'HOMME A BONNES FORTUNES.
LE DOCTEUR
Anaxagore, qu'une bi^te féroce échappée étoit moins à craindre qu'une langue effrénée et pétulante.
ARLEQUlJCr. *
Monsieur...»
LE DOCTEUR
Isocrate, qu'iln'y avoit ici-bas que deux choses à faire ) écouter et se taire.
ARLEQUIN
Taisez-vous donc.
LE DOCTEUR
Tous vos grands discours sont inutiles. Frustrajît per plura quod potest fierï per pauciora.
ARLEQUIN
Hé , monsieur! je n'ai encore rien dit
LE DOCTEUR
Je sais bien que l'usage de la parole a été donné à Thomme pour expliquer ses pensées.
ARLEQUIN
De grâce....
LE DOCTEUR
Je ne vous dis pas qu'il ne faille parler en termes propres , suivant les règles de la grammaire , faire accorder l'adjectif avec le substantif, le nom avec le verbe, le masculin avec le féminin.
ARLEQUIN
C'est ce dont il s'agit, monsieur, du mascurm avec le féminin.
LE DOCTEUR
Je ne vous défends pas de mettre en usage les