‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 2)Chapitre 135 sur 239 · LA CM; SI ME · texte numérisé non relu

LA CM; SI ME

Comment , monsieur li- Marquis ! qu^avex-vous ? I. u MinQLIS.

Ma foi, mademoiselle, il ne me reste présenteinenl pas grand'cliose ; je n'ai qu'un parement de mancbe, le cuir de mes poches, et quelques lambc^iux de chemise. Voyez eotnme me voilà njusté ! un jiHiaucorps neuf tout marbré de cambouis depuis ta pieds jusqu'à la tète.

LA COUSIHK.

IMt vient donc tout ce délabrement-là ? vous iKes-vous battu?

t: M *RQIIIS.

trois semaines à la tentation , et

a48 LA CRITIQUE, etc.

m'étre bissé aller comme un coquin I Ventrebleu! j*enrage du meilleur de mon âme*

EsUce quelque rival qui vous a houspillé ? Voilà d'ordinaire le succès des bonnes fortunes.

LE M4RQUIS.

Que maudits soient la bonne fortune , Arlequin 9 sa clique, et la curiosité qui m'a pris aujourd'hui ! J'ai levé le nez tantôt au coin d'une rue ; j'ai vu un papier rouge, j'ai demandé à mon laquais , qui lit ordinairement pour moi, ce que c'étoit : le brutal m'est venu dire que c'étoit encore cette comédie dont tant de femmes m'avoient rompu la tête. J'y ai été; et TOUS voyez comme j'en reviens.

LA COUftlBTE.

c'est une chose qui crie vengeance que le mauvais goût de Paris , et Tâpreté que l'on a en ce pays* ci pour les sottises. Je suis sûre que si l'on jouoit cette comédie4à en province , en trente ans il n'y auroit pas un chat.

LE MARQUI6.

Bon! Paris n'est* il pas le magasin de l'imper^-* tinence ? Il ne faut que les fesses d'un singe pour mettre tous les badauds en campagne. Pour moi, je crois qu'il faudra que je retourne encore plus de vingt fois à cette comédie-là pour y trouver le mot pour rire.

LA COUSIITE.

Oh! monsieur le Marquis, vous me feriez bien

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