‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 2)Chapitre 136 sur 239 · SCENE IV. a · texte numérisé non relu

SCENE IV. a

plus de plaisir d'y retrouver xtin bourse. Je n'ni jamais acheté un chagrin si cher. L'impertinente scène que celle de ce Docteur qui recommande le silence , et qui parle toujours 1

LE MARQUIS

Fi , fil vous dis-je.

LA COUSINE

Ce qui me console de mon argent , c'est qu'il faut que Golombine crève sous ce rôle-là; elle n'a pas encore huit jours dans le ventre.

LE MARQUIS

Ah, mademoiselle ! désabusez-vous de cela ; jamais femme n'est morte de trop parler. Et que dites-vous, s'il vous plaît, de ce fat de Vicomte, avec ses boutons à jouer à la boule , et cette valise en forme de manchon ?

LA COUSINE

Je dis qu'il est tout aussi sot que son rôle.

LE MARQUIS

J'enrage quand je vois le parterre s'efHanquer de rire à des sottises qui n'ont pas le sens commun. Il faut avouer que l'auteur est un brutal parrain, d'avoir nommé Bergamotte le héros de la pièce ; encore pour du tabac , je lui pardonnerois.

LA COUSINE

Il y a comme cela cent endroits dans la pièce quf me font presque vomir. On ne laisse pas de s'égosiller de rire; comme, par exemple, le tujrau d'orgue^ la fille de hasard^ le cheç^al de louage^ et cette autre

aSo LA CRITIQUE, etc.

innocente qui va dire à son père que si son apotbi- Caire ne lui donne que quarante-cinq ans, c'est qu'il ne le voit que par derrière.

LE MARQUIS

Quelle grossièreté , d'aller mettre le derrière d'un vieillard sur la scène ! A la fin , je ne sais ce que l'on n'y verra point. Fi! vous dis-je; misère! ne parlons plus de cela. Mais où diable vous éliez-vous nichée? car j'ai feuilleté toutes les loges pour vous trouver. Apparemment, à cause de la presse , vous vous serez mise au parterre.

LA. COUSIKE.

Hélas! nous avons été trop heureuses de voir la comédie de cliez te limonadier.

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