‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 2)Chapitre 14 sur 239 · ACTE I, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE V

SOTi;fET.

Comment! dans deux heures! le crois que tous TOUS moquez.

▲ BLEQUfH.

Oh ! que cela ne vous étonne pas : j'ai bien été trois •ois entiers après une barbe, et tandis que je rasois d*an côté, le poil revenoit de Tautre : mais présentement je suis plus habile; vous allez voir.

( n déploie Mt oaiili , die ton loaiiieia, et le set «a coq de SoCiacC, eo Uco de linge â liarbe.)

SOTIHET.

Mais qu'est-ce donc que vous m'avez mis au cou?

ARLEQUIir.

Ah! ma foi, je vous demande pardon : l'empressement de vous raser m'a ùAi prendre mon manteau pour votre linge à barbe. Allons, toi, donne-moi le

linge , vite. ( Menetin loi donne le linge.)

SOTIlfET, wyffdant MeMcfia.

Qui est cet homme-là !

ARLEQUIH.

Ces! maître Jacques , celui qui accommode mes outils. Venez, maître Jacques, repassez-moi ce rasoir poor dire la barbe à monsieur.

MEZZETIlf , prend le tmiotr , et i s t m t ni HUHi l« rénoaleor,

â*mae jarnihc fignre le rose de la meuU, et avec la boncbe il eontrefiiit le l>rait qoe fait le nioir quand on le pote anr le Mcnle ponr le fepaaaer , et eelni qoe font let gDatirt dVan ^pi tombent anr la roae pendant qn*on rfpj«ae ; oe qo*Ar1e» à ■einm à SoHmi*. A le Sa, apréa phuieocs

lazzis de cette natare, Mezsetia chante an air italien; paia donnant le rasoir & Arleqain , lai dit :

La bourse est de ce côté-cl ; ne la manque pas.

( IL s'en va. ) SOTINET.

Yoilà un plaisant homme !

ARLEQUIN

Allons, allons, monsieur, je n*ai point de temps à perdre. Mettez-vous là.

( Il le poasse rademf nt dans an faateail , et loi prenant le net, lai met des morailles. )

S O T I N E T , criant.

Hai , hai , hai ! ( il arrache les morailles, et les jette par terre. )

Eh ! que diable faites-vous là ? Me prenez-vous pour un cheval ?

ARLEQUIN

Point du tout, monsieur; mais c'est qu'il y a des gens qui sont terriblement rétifs sous le fer , et avec cet instrument-là , on leur couperoit la gorge , qu'ils ne diroient mot.

SOTINET.

Vraiment, je le crois bien.

ARLEQUIN prend nn bassin fair en forme de pot de chambre, et le met sons le nés de Sotinet poar le laver.

S G T I N £ T , prenant le bassin.

Qu'est-ce que cela ?

ARLEQUIN

C'est un bassin à deux mains.

( Arleqain le lave , en Ini donnant de temps en temps dea •onfiSets; pnis tire une grosse bonle, dont il se sert

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