‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 2)Chapitre 15 sur 239 · ACTE I, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE V

pour MToimctte , eft après en avoir Itien frotté le visage de Sotinet , il la loi laisse tomber sor un pied. )

SOTINET.

Qu*est-ce donc que cela signifie ? Avez-vous entrepris de m'estropier ? (n se lère. )

ABLEQUIlf, rrponssaiit Tiolcmmeot Sotinet snr le faateiiil.

Que de babil! Tenez-vous donc, si vous voulez; croTez*vous que je n'aie que vous à raser ?

(Ble case avec on rasoir d ane grandcor à faire peor. ' )

SOTIKET.

ADez tout doucement; vous m'écorchez tout vif.

ABLEQUIir.

Cfest que vous avez le cuir si dur , que vous ébréchez tous mes rasoirs.

(D prend «B cuir a repasser, et raccroclie par on lioat an con de Setinet, tenant Tanlre boat de la main ganche ; et ponr avoir fins de fipree h repasser son rasoir qo'il tient de la main droite , à lève nn de ses pieds et Tappoie rodement sor Testomac de Sotinet ; pnis , tirant le boni dn cnir de toote sa force , il repasse son rasoir 9 de manière qn*il étrangle Sotinet , qni à peine rier.)

SOTINET.

Miséricorde ! je suis mort ! au secours ! on m'étran-

pc . (U se lève ponr appeler dn monde. )

IftLEQU I V9 le prenant et robligeantde nonvean à se rasseoir

dans le fanteoil.

la peste mVtoufFe, si vous branlez, je vous coupe 12 gor^e. Quel homme êtes-vous donc ?

SOTINET, bas.

n fiiut filer doux ; ce coquin-là le feroit comme il

'On a reproduit cor la scène ce jeu de théâtre dans la pièce intitulée, JHeqttm barbier parai jtique , représentée le a janyier 1740.

5o LE DIVORCE,

le dit ! il a une mauvaise physionomie, (haot, pendant qu'Ariequio lo rase.) Dis-moi, moH ami, de quel pays es-tu ?

ARLEQUIN

Limousin , monsieur , pour vous rendre service.

SOTINET.

Limousin ! et y a-t-il des barbiers de ce pays-là ? Je croyois qu'il n'y en avoit que de Gascons.

ARLEQUIN

Je crois aussi être le premier de mon pays qui ait embrassé le parti de la savonnette. J'étois auparavant tailleur de pierres ; et comme on disoit que j'avois beaucoup de légèreté dans la main , je crus que je serois plus propre à ce métier -ci (U lai met u main dans la poche ) , et de tailleur de pierres, je me suis fait tailleur de barbes.

SOTINET, loi aarprenant la main dans sa poche.

Il me semble que vous avez la main gauche bien plus légère que la droite.

ARLEQUIN

Ah , monsieur ! vous vous moquez ! ce sont de petits talents qu'on reçoit de la nature , et dont un honnête homme ne doit pas se glorifier.

SOTINET.

Avez-vous bien des pratiques ?

Tant, que je n'y saurois suffire. C'est moi qui fais la barbe et les cheveux à tous les Limousins qui viennent ici travailler , et j'ai une pension de la Ville pour

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