SCÈNE X
M. CROQUIGNOLET, son Valet,
ISABELLE, 80DS le nom de Claudine.
ISABELLE
Bonjour , messieurs : que vous plaît-il ?
LE VALET
Allons , ma fille , une cliambre , du feu et grand'chère. Je m'arrête volontiers où il y a bon vin et jolie servante.
ISABELLE
Messieurs , vous allez avoir tout ce qu'il vous faut: on ne manque de rien chez nous.
M. CROQUIGNOLET.
Allons, ma fille, viens me débotter.
(Il présente son pied botté & Isabelle.) ISABELLE, le repoussant.
Vous débotter! Pardi, monsieur, cherchez vos débotteuses; ce n'est pas là mon affaire.
M. CROQUIGNOLET.
Est-ce que tu n'es pas aussi le valet d'écurie?
LE VALET
Monsieur , voilà une dondon qui me paroit assez
résolue ; mais il me semble qu'elle vous saboule un peu.
H. CBOQUIGITOLET.
La friponne est , ma foi , jolie. Viens çà y ma fille ; cs-tu mariée ?
ISABELLE
Non, monsieur, Dieu merci; à moi n'appartient pas tant d'honneur : l'année n'est pas bonne pour les filles ; tous les garçons sont à la guerre.
LE VALET
En voilà pourtant encore un qui n'y est pas. Si cette friponne-là vouloit^ nous aurions bientôt conclu l'affaire,
M. CROQUIGNOLET.
Je sens quelque chose.... ta, qui me chatouille,,.. Hé!.., tu m'entends bien?
ISABELLE bmiiel» jpaolu.
Voilà un vrai niquedouille.
LE VALET, bu, 1 IiabïUs,
C'est un Nicodème qui n'a pas le sens commun.
M. CROQUICnOLET, iDiraiiimilMiniDci.
Si tu vouloLs un peu , pour me délasser de mes exploits gucniers,.,. J'ai de l'argent, oui.
ISABELLE
Bon 1 me voilà bien chanceuse avec votre argent! ce n'a jamais été ça qui m'a tentée ; j'aime mieux un homme qui me plaît que tous les trésors du monde ; et, si vous voulez que je vous parle franchement, j'aimerois mieux votre valet que vous.