SCENE I
TRAFIQUET, PIERROT.
PIEBROT.
Monsieur , je viens de chez votre notaire ; il voua prie bien fort de l'excuser ; il ne sauroit venir aujourdliui.
TRAFIQUET.
Il faut prendre patience , pourvu qu'il vienne demain.
PIERROT
Ni demain non plus : il lui est survenu une petite affaire ; je ne crois pas qu'il puisse veiiir si tôt.
TRAFIQUET.
Et quelle est donc cette affaire?
PIERROT
C'est f monsieur , qu'il est mort.
TRAFIQUET.
Il est mort ! Tu as raison ; je ne crois pas qu'il revienne de long-temps. C'est bien dommage; c'étoit le seul honnête homme de notaire que j'aie encore
35o LA COQUETTE.
trouvé. Hé! dis-moi, as-tu des nouvelles de notre homme ?
Ho! oui , monsieur; pour celui-là, on m'a dit qu'il étoit arrivé par le poulailler du Maine , et qu'il demeuroit tout rasibus de chez nous.
TRAFÏQUET.
Le ciel en soit loué ! Je me déferai peut-être à la fin de ma fille , et je ne verrai plus dans ma maison des animaux de toute sorte d'espèces, et particulièrement cette assemblée de femmes , ou plutôt cette académie de folles qui s'y tenoit.
PIERROT
Tout franc , monsieur , je commençois à être bien las de toutes ces visageresses , et j'étois résolu de prendre mon congé ou de vous donner le vôtre. Mais, monsieur, je voudrois bien vous lâcher un petit mot, tandis que je sommes sur la chose du manage.
TRAFÏQUET.
Parle , PietTot ; que me veuxptu ?
PIERROT
Monsieur, regardez-moi bien; tel que vous me voyez , je me vais marier.
TRAEIQUET.
Toi , te marier ! es-'tu fou ?
PIBRROT.
Ce qui me console , monsieur , c'est que celle qu« j'épouse est axis^i folle que moi.