‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 2)Chapitre 211 sur 239 · TRAFIQUE!, COLOMBINE, OCTAVE · texte numérisé non relu

TRAFIQUE!, COLOMBINE, OCTAVE

(OcUTc , dans 1c fond dn théâtre, fait det minet k CdomUne» itni

être va de Traliqnet. )

Le parti qui se présente ?

TRÀFIQUET.

Oai, le parti qui se présente,

COLOMBINE

Assurément ?

TRAFIQUET.

Oui , s'il vous plaît ; il ne faut point tant faire de gestes et de grimaces : est-ce qu'il lui manque quelque chose ?

COLOMBINE

Je ne dis pas cela.

TRAFIQUET.

Est-il tortu OU bossu ?

COLOMBINE

\ Je trouve sa taille dégagée et engageante.

I TRAFIQUET.

Est-ce qu'il n'a point d'esprit ? Va , va , ce n'est pas le plus nécessaire en ménage.

COLOMBINE

Son esprit me charme , et je connois peu de gens qui en aient plus que lui.

Et pourquoi donc n'en veux-tu point ?

GOLOMBIl^E.

Moi , je n'en veux pas ! Il faudroit , mon pere , que je fusse bien aveugle ou bien insensible pour refuser un tel parti.

TRAFIQUET.

Oh ! que ne parles-tu donc ? J'allois me mettre en colère. Voyez , je vous prie , quand on ne s'entend pas. Viens , ma fille, que je t'embrasse.

COLOMBINE

Que cet embrassement me fait de plaisir !

(Colombine, en embrassant Trafique! , donne sa main à baiser à Octave. )

TRAFIQUET.

Tu réponds dignement aux soins que j'ai pris de ton éducation.

COLOMBIIN^E.

J'aimerois mieux mourir, mon père, que de vous désobliger.

TRAFIQUET.

Tu me promets donc de ne plus songer à cet étourdi ?

GOLOMBI]y£.

Je ne le verrai de ma vie ; c'est un homme que je ne puis souffrir.

TRAFIQUET.

Et moi, pour reconnoître ton obéissance, je te promets d'augmenter ton trousseau de six chemises,

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