‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 2)Chapitre 217 sur 239 · ACTE II, SCENE XIL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE XIL

que vous êtes marines en Bourgogne ou en Champagne.

MiszzETirr.

Vous ne vous tix>inpez point. A propos de mariage , ma belle voisine , on m*a dit que vous couchiez la noce en joue. Une fîUe comme vous peutelle se résoudre à cette vilenie-là ?

COLOMBINfi.

Pour moi) madame, je ne trouve rien de vilain à faire tout ce que le monde fait, et ce que vous ave? &it vous-même.

MEZZETtV.

Il est vrai : mais je n'a vois que quinze ans pour lors ; vous savez que cVst un âge terriblement scabiTux pour une fiilo. Pourroz«vous abandonner votre taille aux accidents du mariage ?

COLOMBUNK.

J^ai assez de peine à m'y résoudre ; mais que voulez*vous ? Il faut bien prendre le bénéfice avec les charges.

Faites comme moi, madomoiselle ; depuis que j'ai épousé mon mari , nous no couchons plus ensemble.

MEZZSTIV.

Cela est fort bon pour vous, madame la Marquise , qui ayez quantité d'enfants de votre premier lit; mais une fille qui se marie est bien aise de savoir au juste à quoi elle est propre.

37a LA COQUETTE.

PASQUARIEL.

Pour moi , je suis malheureuse en garçons ; je n'en saurois élever ; je n'en ai plus que dix-sept.

GOLOMBINE.

Dix-sept ! En vérité , madame , l'état vous est bien obligé de lui donner tant de bons sujets.

MEZZETIir.

J'en aurois bien eu vingt-cinq ou trente, si tout étoit venu à profit; mais les fausses-couches ont fait de terribles brèches dans ma famille. Le diroit^on à

ma taille? (il m promène.)

GOLOMBISTE.

Elle est d'une finesse extraordinaire; on croiroit que vous allez rompre.

MEZZETIN

Depuis deux ans, Dieu merci, j'en suis un peu la maîtresse : j'ai obligé monsieur le Comte à faire lit à part; car je suis présentement bien revenue de la bagatelle.

GOLOMBIITE.

Et monsieur votre époux prendra-t-il toujours ce petit divorce en patience?

MEZZETIir.

Madame, il fera comme il pourra.

PASQUARIEL.

Peuton savoir, ma chère, qui vous épousez?

GOLOMBIVE.

Plusieurs partis me recherchent ; mais mon père me destine à un baiUi du Maine , et.»..

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