‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 2)Chapitre 230 sur 239 · MADRIGAL · texte numérisé non relu

MADRIGAL

Sur l'inconstance d'une maf tresse qui changea d'amant, parce qu'il avoit soupiré par le derrière*

Vous entendez bien cela ?

GOLOMBIKB.

Oh! oui, cela s'entend de reste ; peu s'en faut que je ne le sente.

Sgo LA COQUETTE.

M"* PINDARET continae de lire.

Quoi I pour avoir laissé sauver un prisonnier Qui n*a.de voix que pour crier, Votre cœur fait la pirouette , Et se fait un nouvel amant l On dira, volage Lisette, Que ce cœur est si girouette.

Qu'il change au moindre petit vent.

COLOMBINE

Ah , madame ! quel merveilleux talent vous avez pour la poésiie ! **

M"' PINDARET.

J'ai d'assez belles humanités , comme vous voyez; mais je vais me donner à la physiq[ue.

GOLOMBIirE.

A la physique, madame !

M"** PINDARET.

Oui, mademoiselle. C'est une des plus nobles sciences qu'il y ait; elle a pour objet tout ce qui tombe sous les sens, et par conséquent, le corps humain , qui est la plus belle et la plus parfaite de toutes les structures humaines. Adieu, mademoiselle; je sens que ma colique veut me reprendre.

COLOMBINE

Quoi ! si tôt , madame ?

M"** PINDARET.

Je ne me prostitue jamais à une longue conversation , et j'aime les visites brèves et laconiques.

Page 1