‹ Œuvres complètes de J. F. Regnard (volume 2)Chapitre 44 sur 239 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ISABELLE^ COLOMBINE

COLOMBIlft,

Ihto mefci, madame, ce que je demandois est lafin «rive : no»» plaiderons , morbleu ! nous plat* imms! b gueule du juge en pèlera , et je ne souf* irwjù pas que vous soyex plus long^emp le r^ndciitow^ de» violences de monsieur SotineL Vous ne acrtz p?us madame Sotinel , ou j\ penlrai mon lalîn, h i'jtmét consulter un avocal de mes amis sur voire Jhfture* Bon ! il dit que cela ira ^n grind chemin , et

go LE DIVORCE.

qu'il y auroitlà de quoi faire casser aujourd'hui vingt mariages.

ISABELLE

En vérité, Colombine, j'ai eu bien de la peine à me résoudre à ce que tu as voulu. On va me tympaniser par la ville , et je vais donner la comédie à tout Paris*

COLOMBINE

Ah ! vraiment , nous y voilà ! on va vous tympaniser 1 Eh ! mort non pas de ma vie , madame , c'est vous éterniser, que de faire un coup d'éclat comme celuilà ! Dites-moi , je vous prie , auroit-on tant d'empressement à lire l'histoire galante de certaines femmes , si une séparation ne les a voit rendues célèbres ? Sauroit-on la magnificence de madame Lycidas , en justaucorps de soixante pistoles, les discrétions qu'elle perd avec son galant, si elle n'avoit pas pLnidé contre son mari? et l'on n'auroit jamais connu tout l'esprit d'Artémise , sans ses lettres , qui ont été produites à l'audience. Je vous le dis , madame , il n'y a rien tel que de bien débuter dans le monde , et voilà le plus court chemin. On avance plus par là en un jour d'audience qu'en vingt années de galanterie; et vous me remercierez dans peu des bons avis que je vous donne.

ISABELLE

Il falloit donc , Colombine , que je m'apprisse de longue main à mépriser, comme ces femmes dont tu me parles , les chimères et les fantômes de réputation et d'honneur qui font peur aux esprits simples

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